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Samedi 19 Juillet -
Libreville, Gabon
Un mois jour pour jour après mon arrivée, le
temps de partir est arrivé.
Mais avant, un dernier rendez vous de travail pour la signature
du contrat de partenariat entre l'Ecole Normale Supérieure
de Libreville.
En pleine période d'examen, il a été
difficile de rencontrer le directeur, qui nous a cependant
accordé suffisament de temps pour finir de le convaincre
d'accueillir ce projet dans son établissement.
C'est donc avant que ne comment les délibérations
des examens qu'il nous reçoit pour quelques dernières
questions, et, c'est un grand soulagement, et une grande satisfaction
pour Thanguy et moi, la signature de ce contrat.
Je remplis donc ma mission au Gabon à 100%. Formation
assurée. Contrat signé. CIC installé.
Heureusement que cette signature intervient et gonfle mon
moral, car il est maintenant temps de partir pour cet aéroport
maudit que je ne suis pas vraiment ravi de retrouver.
Helas mon vol est prévu pour 12h30, et il n'est meme
pas 9h30 quand nous arrivons.
Je prends mon mal en patience, et dévore avec un plaisir
infini un Charlie Hebdo de la semaine s'il vous plait ! Le
manque est bon, je vous le dis, car la lecture du Charlie
était devenu une routine pour moi, et n'était
plus vraiment une réjouissance.
Aujourd'hui après bientôt 4 mois en Afrique,
retrouvez cette liberté de ton, cette audace, cet humour
rageur m'a transporté de bonheur, et ces quelques heures
d'attente furent un vrai plaisir.
Hélas, l'ocassion me sera donné de saluer tous
ces policiers de la Police de l'air et des frontières,
la PAF qui porte si bien son nom, avec qui j'avais eu le temps
de faire bien connaissance lors de mon premier "séjour"
au Gabon.
A 12H30, aucune nouvelle de mon avion, si ce n'est un panneau
des vols qui prend soudainement une facheuse teinte rouge
et des symboles "ANNULE" de tous les cotés.
Air Gabon fait des siennes ! Un petit scandale plus tard (je
perds vite patience dans cet aéroport que je connais
si bien !) : je me retrouve inviter par le personnel d'Air
Gabon au restaurant d'à coté en train de siroter
une bière et de m'envoyer un bon repas..
Je me détends de nouveau.. Quand en plus, le personnel
du restaurant montre sa sympathie en m'offrant une seconde
puis une troisiéme bouteille de bière, je retrouve
mon humour et mon sourire..
J'aurai tout de même eu à faire
à chaque fois à de joyeux drilles, solidaire
de mon agacement, et qui sera faire au bon moment le geste
touchant consistant à me payer un petit coup bienvenu
!
C'est alors que la nuit est déjà tombé
qu'enfin l'espoir de partir réapparait, alors que je
pensais déjà à aller dormir dans mon
désormais dortoir de l'aéroport, avec ses matelas
en mousse si confortable et ses insultes gravés dans
tous les murs..
Je lis dans le Charlie Hebdo qu'en France, le transfert du
Tribunal de Bobigny qui prenait les décisions concernant
les expulsions est en cours de transfert à Roissy pour
économiser en temps et en argent sur ce genre d'affaires..
Elle est belle la France, hein ! On l'aime notre beau pays
! Moi ça me fait vomir..
Bref, les voyageurs sont en colère, et j'assite à
une mini-émeute qui me fait songer au combat des intermittends
qui ont, em France réussi à rompre avec le traditionnel
passage du printemps de grève à l'été
des festivals..
Les policiers parlent à un moment d'envoyer les bérets
rouges pour contenir la foudre des passagers qui sont parfois
bloqués ici depuis la veille..
Finalement, par chance je crois, j'arrive à me faufiler
par un couloir que je connais bien et à me retrouver
sur le béton de l'aéroport ou je me glisse discrétement
dans l'avion ou semble-t-il les places libres ne sont plus
légions.
Les derniers passagers debouts sont sortis de l'avion contre
la promesse d'une bonne nuit d'hotlel à Libreville.
C'est presque la baston dans l'avion et les jolis hotesses
ont perdus leurs sourires..
Finalement, on décolle avec deux bonnes heures de retard.
Et aucun repas ne nous ait servis, ni aucune démonstration
de sécurité. Tout le monde fait la gueule la
dedans !
Pour ma part, j'enfile mon walkman, et m'isole dans des chansons
pleine de bonne humeur.
A Cotonou, une superbe jeune fille de 22 ans, centrafricaine,
vient égayer mon voyage...
C'est sur, un jour j'irai en Centrafrique... :)
30 minutes plus tard, je suis à Lomé, ou j'obtiens
mon visa sans probème.
Mon sac en revanche n'est pas arrivé.. Je le savais
déjà toute façon.
Une bonne heure de perdue, il est une heure du matin, et c'est
le chef d'escale qui m'accompagne en personne à mon
hotel, en me promettant de me livrer mon sac à l'hotel
dès le lendemain. J'y crois qu'à moitié
et, stoique, je me mets en tête qu'il est bel et bien
perdu !
Je traverse Lomé, ou le contraste avec le Gabon est
saississant : pas une ame qui vive..
Huit controles militaires en 15 minutes de trajet. L'ambiance
est tendue, mais le laissez passer de l'ONU, du passager de
première classe sénégalais qui m'accompagne
nous aide à passer sans trop d'encombres, ni sans avoir
à lacher le moindre "cadeau"..
Discussion passionante, c'est peut etre le point positif de
tout cela, avec cet important responsable qui m'explique les
thèses alarmistes non rendues publiques concernant
l'avenir de l'Afrique :
Pas besoin d'ajustement structurel en Afrique Centrale, le
Sida se charge de décimer la population. La surpopulation
décadente et l'érosion cotière et l'avancée
maritime se chargeront de réduire la population de
l'Afrique de l'Ouest.
Mes quelques chiffres du PNUD concernant la sortie de l'extreme
pauvreté en Afrique dans les années 2147 et
2165 le font sourire..
Aller, au lit, heureusement, ma chambre est bien réservé
! Au revoir Gabon ! Bonsoir Togo !
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