Jeudi 17
Avril - Lomé.
Nous sommes invités pour la soirée (c'est à
dire à 15H00..) au Lycée de Pamela,
une amie de Thalita, pour la présentation du trophée
"International Gold Star For Quality" à l'école
privée Kouvahey. Discours, long discours et re-long
discours, en présence de la créme des ministres
Togolais, avec en interméde des stars de la chanson
de Lomé, rappeurs, boys band et gospel guest star.
Chiant.
Bien plus sympa : la visite du lycée, à la rencontre
des éléves, en ballade dans les salles de classe
et quelques photos et discussions sympas... Les photos sont
en bas.
C e soir (le vrai soir, cette fois, quand vient la nuit..),
je suis invité par mon ami Olivier à diner chez
lui. On passe acheter quelques bières, et deux poivrots
débouchent pour moi une bouteille de sirop, sur laquelle
je lis des inscriptions en arabe!? On me propose de gouter
le "gin africain". Je refuse d'abord, en prétextant
qu'il est tôt, que je veux pas attaquer si fort. Olivier
se sert alors un demi-verre, qu'il boit cul sec. Le poivrot
numéro un se sert également. Je suis au moins
rassuré : le produit n'est pas mortel pour eux. Je
me sers donc un demi-verre et l'avale cul sec, à leur
grand étonnement. Bon, c'est classique, une sorte d'éther
qui te nettoye l'oeusophage, tu sens encore le liquide dans
ton estomac aprés un bon quart d'heure. Marrant, mais
j'en boirais pas tous les jours. Moins marrant, ces abrutis
m'ajoutent 150 CFA sur la note pour cette bouteille de sirop.
Sur le principe, c'est abusé : ils m'invitent et c'est
moi qui paye. En définitive, c'est moi le blanc, j'accepte
donc de payer, mais la méthode est douteuse.
Soudain, poivrot numéro deux lache : "Alors Olivier,
celui la, il va te faire ton papier pour aller en France?"
Classique, encore une fois. Je sais déjà. L'histoire
se répéte. Je préfère donc clarifier
les choses. Je lui dis dis clairement que ce n'est pas le
premier à vouloir de moi ce genre de papier. Seulement,
je ne réside plus en France depuis deux ans, et quand
bien même, je ne le connais pas assez pour prendre ce
genre d'engagements.
Il dit qu'il comprend, et on continue la soirée comme
deux amis, sans plus en parler.
En compagnie de son frére, et de quelques amis, je
goute à un plat typique : pâte (sorte de purée),
que je mélange en m'aidant des doigts à une
sauce locale, à base d'une sorte d'herbes-épinards,
dans laquelle baignent des morceaux de poulets braisés
et de poissons fumés, le tout bien épicé
et gluant..
Un peu étrange, mais trés bon, assez relevé
et pour le moins nouveau pour moi. Pour être tout à
fait juste, je crois que le coté gluant de la chose
est assez difficile à accepter pour nos habitudes européennes.
Quand je lève ma bouchée du plat, un long fil
entre bave et morve relie ma main à l'assiette.. Dommage,
je n'avais pas mon appareil photo.. :)
Nous sortons ensuite en ville. On passe d'abord visiter une
amie. Je rigole en essayant d'attraper les chèvres
agiles par les pattes. Irénée est secrétaire
de formation à la recherche d'un emploi. Je lui propose
de passer nous voir mardi prochain pour le début des
cours.
Je comprends alors qu'Olivier et son ami tiennent à
m'emmener voir les "putes"..(excusez le langage).
Il semble que les blancs qu'ils ont pu connaitre avant aiment
"niappés" les négresses.. C'est la
triste image que véhicule le blanc quand on le croise
dans la rue...
On se dirige donc, pour moi un peu amer, vers le boulevard
du 13 Janvier, que je connais déjà bien. A quelques
centaines de mètres des lieux que je connaissais, je
ne soupçonnais pas une telle activité : comme
partout, la présence d'un blanc, et le gain potentiel,
déchaine les ardeurs de ces pauvres femmes, et les
réflexions salaces des maquereaux de ces dames. Le
zoo humain ne m'a jamais amusé, et je demande à
mes hotes de retourner en des lieux plus éclairés.
On revient donc sur le boulevard, et nous nous posons en compagnie
de Pierrot, qui nous invite à boire quelques bières.
Les putes sont la aussi, plus discrétes, mais toujours
à chercher le client.. Le but de la manoeuvre semble
clair : je bois, je bois, jusqu'à craquer pour une
de ces jolies filles, qui semblent ne pas parler correctement
le français, et tout le monde est content... En plus
ce coup-ci, c'est le mystéreux Pierrot qui régale.
Hélas pour eux, c'est pas avec leurs quelques bières
que je vais être bourré, et c'est avec plaisir
que j'accueille Stéphane, sorti de nulle part, qui
bosse apparement pour une ONG de la place, et m'affirme qu'il
lutte contre la prostitution. Il me semble sincère.
Il se propose aussi de nous ramener. Nous quittons donc la
faune urbaine sans l'accompagnement des demoiselles : je sens
la légère déception d'Olivier, qui m'invite
cependant, suite aux discussions que nous avons eu, à
venir passer le week end de Paques dans le village de ses
grands-parents, dans la brousse. J'invite Stéphane
à passer nous visiter chez ASDEB dans la semaine..
Olivier est un bon gars, qui cherche simplement à ce
que je me sente à l'aise et bien reçu dans son
pays. A force de dialogue, il comprend, du moins j'ai l'impression,
que ce n'est pas ce genre de rencontres qui m'intéressent.
Dur de sortir de l'image du blanc en Afrique, mais je reste
confiant..
Allez les photos de l'école :
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