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Dimanche 8 Juin - Lomé, Togo -> Libreville, Gabon

Ce matin, réveil, un petit saut à la messe (de force, mais ce fut court je vous rassure, et en évé, je n'y compris rien, tant mieux..)
Elom et André m'accompagnent à l'aéroport..

Un dernier militaire m'interroge pendant une dizaine de minutes sur mes activités au Togo, mes contacts, mes domiciles, m'affirme que mon visa est expiré..
C'est un petit blagueur mais je ne me laisse pas faire..
Je doute un temps d'avoir été découvert, mais ce n'est que du bluff pour nous impressioner, le pouvoir en place tombe en ruine, et tente de faire croire qu'il va rester en utilisant les dernières petites méthodes d'emmerdeurs qu'ils connaissent...

Un petit vol et hop, au Gabon !

Enfin, c'est pas tout à fait aussi simple..

Je le connaissais le risque en embarquant dans cet avion : cela me faisait même sourire pour tout dire.. J'allais ainsi connaitre pour la premiere fois de ma vie les joies de la garde à vue, de la rétention, et l'attente interminable... Peut être même l'expulsion, cela me faisait déjà moins rire, mais j'avoue que je n'envisageais pas sérieusement cette possibilité.

En réalité, en arrivant à l'aéroport de Libreville, je fus surpris de rencontrer uniquement des gens en civil.. Pas un uniforme, pas une arme, et je dois dire que cela est plutot agréable après ces quelques semaines à Lomé, dans un pays ou parler d'état de siège n'est pas exagéré..

Mais le responsable refuse mon dossier sans me donner de motif. Il dit que le dossier sera soumis à l'appréciation de son chef que je dois attendre et avec lequel je m'expliquerais.

Les autres policiers, des gars en civil, répondent à mes questions, et m'expliquent patiemment les choses (il n'y a rien à expliquer : leur chef déconne !), malgré que je fasse le chieur avec mes questions...

C'est à peine s'ils évoquent la connerie de notre président et le principe de réciprocité qu'ils appliquent..

Ils sont ok pour aller m'acheter à bouffer et à boire, ils me passeraient leurs téléphones portables pour appeler s'ils avaient des unités, ils me proposent même une pièce avec des matelas, ou la climatisation est poussée si forte que je préfère attendre dans le hall..

Non, vraiment ce fut un plaisir cette arrivée au Gabon, et j'ai fait des économies !

A regretter seulement, ils auraient pu laisser partir cette femme béninoise et son enfant, venus rejoindre le mari gabonais, instituteur, qui semblaient effectivement avoir tous les papiers en règle...

Enfin, ça reste quand même des militaires : ils appliquent les ordres...
Et l'ordre, c'est d'attendre le chef..

Alors je vais passer ma première nuit au Gabon en garde à vue, en zone de rétention...
En réalité, je tape un scandale vers minuit : je n'ai rien mangé ni rien bu depuis l'avion..

Ils acceptent de m'emmener manger quelque chose à l'extérieur. C'est donc entouré de trois flics en civil, jeune et visiblement sympas que je suis escorté dehors. L'espace d'un instant, je me demande si c'est pas un guet-apens, si on ne va pas me piquer mes affaires et me casser la gueule dans un coin. Les boutiques et restos de l'aéroport sont fermées. On part donc à pied sur la route un peu plus loin. Je suis sur mes gardes, mais on s'installe à la terasse d'un café, ou mes amis commandent 4 bières. Cool ! Mais il n'y a rien à manger..
Je sais que la devise de mon groupe, c'est "Manger utile, manger liquide !", mais bon la j'ai vraiment faim !

En plaisantant, je propose d'aller faire un saut à la fete des cultures, il y aura bien quelque chose à se mettre sous la dent. Et nous voila partis pour la fete en taxi ! Ces trois jeunes sont vraiment sympa. En arrivant, il y a un monde dingue, une sorte de grande fête de l'humanité, un festival de l'été ou tout le monde fait la fête, danse, chante..

Ca me change de l'ambiance austère de l'aéroport ! Nous restons quelques heures la bas, mais ils doivent retourner à l'aéroport pour 5h00 du matin, pour "accueillir" un vol de Paris..

C'est presque saoul que je regagne ma prison, ou je m'endors d'un sommeil sans souci...

Toujours au Togo, le matin du départ..
Le quartier ou habite la famille d'élom.
Un enfant musicien se dirige au culte.
Beaucoup de femmes à l'église en bambous..
C'est coloré !
Chez Elom, les voisins et amis préparent les réjouissances, autour de la bouffe, à laquelle je ne vais hélas pas assister car j'ai mon avion dans quelques minutes...

Chao Togo !
... et bonjour Gabon !
Le message est clair, et plein d'humour..
Mon premier lit au Gabon.
Marie Louise, camerounaise, a tenté un envol pour la France, avec l'aide d'un réseau d'ici. Ca lui a couté 10 000 Francs Francais pour un faux passeport Gabonais et le billet d'avion.
Mais quelqu'un l'a trahi, et elle s'est fait choppée.
Eddy, 22 ans, né au Gabon, bloqué ici depuis 5 jours. Il est venu retrouver son père. Il a quitté le pays tout bébé pour partir vivre en République Démocratique du Congo avec sa mère.
Son père est venu le chercher, mais ils ont demandés plus de papier. Au bout de 6 jours, il a fini par être libéré.
Au fond de la salle ou je suis en attente. Un panneau de bienvenue pour le Nepad, le nouveau programme de développement de l'Afrique. C'est mal parti pour la bienvenue.
La nuit. Glauque.
Au matin, on se croirait dans le métro parisien, des russes ont pris tous les bancs.
Au moins ici, les bancs permettent de s'allonger !

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