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Lundi 9 Juin - Libreville Airport, Gabon

J'ai réussi à comprendre qu'un vol arrivait ou partait de Paris vers 5h00 du matin. On m'informe que le chef est toujours présent pour ce vol. Je pense que ma situation s'arrangera à ce moment. J'ai tout de même l'inquiétude d'etre expulsé par ce vol, car je ne connais pas leurs méthodes.

Vers 7h00 du matin, pas de nouvelles du responsable. Je demande alors à téléphoner à mon ami pour qu'il m'apporte à manger. On me dit que cela est impossible. A partir de ce moment, les personnes en place m'ignorent quand je pose des questions. On me dit en permanence d'aller m'asseoir et d'attendre, que le "chef" arrive d'une minute à l'autre...

Il est 10 heures du matin quand mon nom résonne dans la salle : la sentence tombe, je suis refusé sur le territoire Gabonais ! On me propose de signer un papier de notification de non admission sur le territoire Gabonais et l'on m'invite à aller acheter un billet d'avion vers la France ou toute autre destination.
Je refuse de signer ce papier qui n'est pas encore remplit par leur service, et je n'ai pas l'argent pour payer un billet de toute façon...

Je leur demande en vertu de la mesure du Fonds Francophones des Inforoutes à contacter mon ambassade.
Une personne que j'identifie comme le fameux "chef" me refuse ce droit au pretexte qu'on lui refuserait ce droit s'il venait en France sans visa. Un dialogue de sourd s'ensuit ou je lui reproche de ne pas appliquer la loi, et ou lui me conseille de d'abord changer les lois en France, avant de vouloir les changer au Gabon...

Dés lors, je vais essayer de téléphoner au consulat en demandant aux gens d'utiliser leur téléphone. Je paye la communication aux gens avec le peu d'argent que m'a laissé Tanguy la veille au soir.
Vers 12h00, j'arrive enfin à obtenir un téléphone et à contacter une personne du consulat à qui j'explique ma situation briévement. Il me dit qu'il va informer le consul, et que j'aurai des nouvelles dans l'aprés-midi.

Du coté de la police de l'aéroport, on ne me demande plus rien. J'attends dans mon coin des nouvelles du consulat ou de mon ami, que j'ai pu appeler aussi mais dont le téléphone était sur répondeur.

A 14h00, le permanent du consulat arrive avec un sac contenant un repas, des fruits, de l'eau et des mouchoirs.
C'est un plaisir de pouvoir manger enfin, car le repas demandé depuis 12h00 n'était toujours pas la.
Quelques minutes après l'arrivée du diplomate, un sandwich m'est amené. Serions nous sur la bonne voie?

En réalité, c'est un peu compliqué, nous constatons, avec ce monsieur, et la brigade de police en place que j'ai bien tous les documents necessaires à l'entrée au Gabon. Cependant, il va falloir attendre la brigade de la veille, qui revient à 20h00 ce soir pour obtenir des explications. Le membre du consulat attend en ma compagnie pendant plusieurs heures l'arrivée de mon ami Tanguy, pour tenter de contacter quelqu'un auprés du minsitère de la culture qui pourrait aider à débloquer la situation... Quand il arrive, on se rend compte que nos chances sont maigres, mais quelques personnes sont mises au courant. Il ne reste plus qu'à attendre. Rendez-vous est donc pris pour le soir.

Alors que je suis en train d'attendre dans une salle de rétention, on m'appelle. Chouette, de la visite. La personne ne se présente pas, et m'asséne de questions : "Travaillez vous pour la fête des cultures?" Je réponds non. Il passe des coups de fil, on me demande d'aller attendre dans ma prison. J'attends, il part sans même me saluer. C'était le responsable du protocole de la fête des cultures. Un coup dans l'eau. Dommage.

Le soir, il n'y a rien à faire, le responsable nous dit que ce n'est pas de son ressort, mais de celui de son chef, le commandant. Il ne peut pas contacter cette personne. Bon. On demande le nom du directeur de la PAF, la Police de l'Air et des Frontières. Pas de réponse. Le nom des personnes à qui l'on parle : pas de réponse. Chouette.
On patiente un peu, lorsqu'une des femmes prononce le prénom du responsable par erreur : Boris.

Le représentant du consulat s'amuse, un peu amer : "Merci, on commence à en savoir un peu plus.."
Les policiers rient jaune.

Vers 21h00, nous appelons sur le numéro privé du secrétaire général du ministère de la culture. Il est en pleine cérémonie de cloture de la fete des cultures. Il demande à ce qu'on le rappelle dans une heure.
22h00, moi je suis en train d'attendre, et de lire, mais ils ne laissent plus rentrer personne pour les visites.
Un adjoint du secrétaire général vient constater la situation. Il va faire un rapport au ministre, mais ne peut rien faire pour ce soir. Je vais donc passer ma seconde nuit en garde à vue. Je commence à en avoir sérieusement marre.

Le représentant du consulat m'informe avant de me quitter que la situation va se débloquer le lendemain matin, que de toute façon, je ne serai pas refoulé. Il ne pourra revenir le lendemain matin car il reprend son poste au consulat.


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