Vendredi
11 Avril - Lomé
A 8H00, tout le monde est pret pour la
plage. Nous filons et je developpe mon nouveau style de photographe
de la route. Ou comment faire des photos flous en roulant.
J'arrive cependant à faire quelques belles photos.
L'eau est délicieuse, quelques vagues, mais le soleil
n'est pas au rendez-vous..
C'est meme un orage qui éclate alors que nous sommes
dans l'eau.
Thierry, Théo, Thalita et moi nous jetons à
l'eau, tandisque les Africains restent sur la plage. Nous
arrivons à convaincre Eliane et au prix de grands efforts,
elle découvre avec bonheur le plaisir de l'eau !
Avec Thierry, nous essayons de convaincre les
autres, sans succés. On reessayera dans la semaine
de les mettre à l'eau.
Nous revenons manger rapidement, et les cours continuent jusqu'au
soir.
Nous prévoyons pour cette seconde soirée
à Lomé de retrouver mon ami Tony qui doit nous
emmener dans un cinéma africain pour y découvrir
une ambiance extraordinaire. Helas, nous sommes en retard
pour la séance de 21H00, nous rentrons donc au hasard
dans le premier cinéma venu, et nous tombons sur un
film assez naze avec Clint Eastwood. On dort la moitié
du film.
En sortant, des gens nous appellent : "Sebastian"
"Cooperation.net"
Quelle surprise ! Je ne connais pas ces gens, mais eux me
connaissent.
Ils sont artisans et nous invitent à les suivre dans
un night-club ou un groupe de Jazz donne un concert.
Nous devons hélas refuser cette invitation : les cours
continuent demain matin samedi.
Nous repassons déposer Tony, et tombons sur une grande
fete dans la rue.
Nous pensons à un mariage, une naissance.
Nous prenons quelques photos, quand un homme trés sympathique
nous explique la situation. Il s'agit d'une veillée
funéraire ! Il dit :
"Une vieille femme de 80 ans s'est éteinte.
C'est donc avec bonheur qu'on salue son départ.
Elle retourne d'ou elle vient : dans son village. Elle a eu
une bonne vie : elle a été mère, grand-mère
et arrière grand mère. Nous ne sommes pas eternels.
C'était une personne trés aimée. Elle
animait une association de jeunes qui joue du Tam-Tam, nous
allons l'accompagner jusqu'à l'aube en jouant..
C'est trés joyeux, mais quand c'est un jeune qui décéde,
c'est la tristesse."
Je le remercie de ces explications et lui affirme
mon admiration pour leur vision de la mort. Je leur dis que
de ce point de vue la, l'Europe est bien en retard et que
c'est l'Afrique qui a de l'avance. Nous rions ensemble. Il
me dit de prendre les photos que je veux et meme des vidéos.
En cas de problèmes, il sera la pour me justifier.
Je prends quelques photos timidement, mais
je sens bien que certaines personnes n'apprécient pas.
Je prefere donc arreter et vivre ce moment pleinement. Cette
heure à les observer, ces danses, ces musiques resteront
à jamais dans ma mémoire.
Je me dis que si les africains avaient été
la, ils auraient pu comprendre pourquoi j'aime tant voyager.
Avec Thierry, nous nous faisons la réflexion suivante
: en restant dix ans en Europe, nous n'avons que trés
peu de chance de vivre des moments comme celui-ci.. Le voyage,
la découverte, quel bonheur !
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