jeudi 21 décembre 2006
Deuxième journée du forum social du bénin ! Bien organisé et aux thèmes pertinent !
Et oui cette deuxième journée du forum nous a vu entrer dans le vif des débats. Premièrement, sur le plan de l'organisation, on peut se satisfaire du travail des organisateurs : le lieu d'abord est bien choisi, les différents emplacements ne sont pas trop éloignés les uns des autres, les lieux sont tranquilles, en intérieur ou extérieur, ombragés et surtout, ce qui fait souvent défaut dans ces forums, très bien signalés...
Concernant la programmation, rien à redire : les ateliers sont en nombre suffisants pour pouvoir y assister dans de bonnes conditions, tous se sont tenus et presque à l'heure s'il vous plait ! Seuls quelques conférenciers étaient absents, ce qui est dommage, mais la plupart ont étés remplacé au pied levé par de brillants orateurs. On peut aussi noter un découpage en différents espaces un peu original mais qui se révèle assez pertinent et efficace : espace femmes, jeunesse et scolaire, travailleurs (au sens large), acteurs locaux et élus, et une catégorie intéressante qui fait son apparition : l'espace consacrée aux apprentis et aux jeunes travailleurs...
Point de vue traduction et langue, ça assure aussi pas mal puisque la plénière en français était interprétée en fon, la langue principale du Bénin, et l'atelier des paysans se déroulait directement en langue nationale...
Venons-en aux contenus. J'avais choisi ce matin de suivre 2 ateliers, en commençant par celui consacré aux accords de partenariats économiques (APE) et à la question de la création et du maintien de l'emploi. Un atelier qui avait lieu à l'espace des travailleurs, auquel prenaient part une soixantaine de participants. Le conférencier, Raoul Affagnon, nous a brossé la problématique et les enjeux de tels accords, en insistant sur le danger qu'ils représentaient pour le droit au travail et le droit au développement. On rappelait l'origine du caractère inégal des négociations entre pays du nord et du sud, lié à la colonisation, et la nécessité de renverser la tendance. Il faut pour cela s'attaquer aux bases de ce système et en instaurer de nouvelles... S'est alors posé la question des responsabilités des dirigeants et des populations ici pour développer la prise de conscience, pour changer les comportements et les mentalités, pour être utile à la société et obtenir enfin le décollage économique tant souhaité.
Ensuite est venu la question de savoir quel type de marché fallait-il pour l'Afrique? La réponse fût que ce n'était pas celui où l'Afrique était exclue et/ou dominée, mais plutôt un marché où l'on peut véritablement discuté en partenaires (mais pas celui du cheval et du cavalier), un marché où l'on peut vendre les produits à des prix raisonnables et non imposés. Pour cela, une nécessaire union doit se faire au niveau national et sous-régional. Encore une fois, question de prise de conscience et d'organisation...
Je suis intervenu vers la fin pour me poser en faux par rapport à une affirmation du conférencier comme quoi les chômeurs ne peuvent pas être de bons citoyens. J'ai expliqué le rôle de certaines associations de chômeurs par chez nous, et le super travail effectué par certains chômeurs, comme l'équipe de CQFD, un des rares médias alternatifs vraiment percutants en France... Je citais aussi les quelques organisations de chômeurs ou de jeunes diplomés sans emploi en naissance en Afrique (Niger, Burkina Faso, Sénégal..) et même au Bénin avec le Cenadeb (Collectif National des Associations de Demandeurs d'emploi au Bénin...)
Le conférencier est tombé à mon avis dans une erreur un peu simple en disant que les conditions d'ici en Afrique ne sont pas les mêmes que celles du nord, en expliquant qu'ici le chomeur n'a rien, aucune indemnité. Je n'ai pas voulu approfondir le débat, mais nous n'étions pas du tout d'accord. A mon avis, les chomeurs d'ici et de là-bas vivent des difficultés similaires, et peuvent s'organiser pour résister ensemble et faire émerger de nouvelles idées...
Le niveau du débat a semblé un peu élevé a une partie de l'assistance qui rappelait qu'on était là pour comprendre et apprendre, et qu'il fallait faire un effort pour permettre à tout le monde de comprendre. Il faut aussi reconnaître que ça partait un peu dans tous les sens.
Le débat a aussi été chaud pour savoir où étaient les vrais « satans », à Washington ou ici? Le conférencier répondait très justement que les premiers satans étaient au nord, puisque ce sont eux les concepteurs du système à l'oeuvre, tandis que ceux du sud n'étaient en somme que des accompagnateurs de ces politiques... On expliquait aussi que les dirigeants étaient souvent nuls (cas de Bongo au Gabon, Faure Gnassingbé du Togo aurait pu être cité également...), et que les peuples n'arrivaient pas à choisir de bons représentants, souvent ou presque toujours victimes de manipulations et de la corruption...
Je suis ensuite aller faire un tour du côté des jeunes pour suivre une conférence de mon nouvel ami Gustave Assah du réseau de chantiers jeunes Glegbenu. Il présentait des exemples de mobilisation de la jeunesse à travers les réseaux de jeunes du Bénin, notamment lors des présidentielles de Mars 2006, pour promouvoir la paix et la non-violence, pour sensibiliser et refuser l'achat de vote et de conscience, entrainés par la corruption qui émaille les campagnes...Il rappelait la responsabilité de la jeunesse, qui de tout temps a été impliqué dans les questions politiques, du temps des rois à celui de la révolution, et qui paradoxalement aujourd'hui semble démissioner au temps de la « démocratie »...
Il a ensuite été débattu des formes, des méthodes et des dérives des mobilisations de la jeunesse actuellement, et des enjeux et défis à relever pour la jeunesse...
Je viens d'avaler la pâte et la sauce légume, je me suis rincé les dents au yaourth, et je tape ce texte tandis que Renaud du Cadtm explique à la jeunesse altermondialiste du Bénin les dangers de la DSRP et les violations des droits au développement qui les accompagnent...
Je file à l'atelier sur la mobilisation syndicale des travailleurs du secteur privé informel... Atelier qui ne s'est jamais tenu, ni grand chose par la suite d'ailleurs, car sans électricité, pas de films, pas d'animation culturelle, ou en tout cas sans participant. On pouvait toutefois assister à une présentation de la vie de l'Abbé Pierre, mais franchement, j'avais d'autres choses à faire, comme aller boire une bière avec des amis, et partager quelques cuisses de poulet...
Je n'ai pas pu vous envoyer ce message puisque le cyber n'avait pas de courant, j'ai donc pu passer la nuit à essayer de dormir avant de vous envoyer ce message ce matin. Un décès avait eu lieu juste à côté de là où l'on dort et la veillée de prière avec musique à fond a empéché tout le monde de dormir...











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