Aide Aide
Première visite Première visite
Livre d'or Plan du site
Contact Contact
Liens Liens

Ma maison

globe

En bref


Jours sur la route : J'ai perdu le compte, mais plus de 1000...
Pays visités : 33

Ils ont dit :

J'ai parfois l'impression de vagabonder autour du monde dans le seul but d'accumuler le matériau de futures nostalgies. Vikram Seth


www.flickr.com
This is a Flickr badge showing public photos from campsankara. Make your own badge here.

<< Deuxième journée du forum social du bénin ! Bien organisé et aux thèmes pertinent !
Carnets de Route
Courte plongée en Turquie ! >>

jeudi 28 décembre 2006

La vie d'un chomeur heureux en lutte à Paris !


J'ai commencé à écrire pour raconter mes voyages autour du monde. J'avais surtout l'habitude d'écrire pour mes amis français, et occidentaux, pour leur faire connaître certaines réalités, saisir certains trucs que je vivais, et leur donner envie de me rejoindre. J'ai aussi pris l'habitude d'écrire à mes amis africains croisés sur les routes, qui souhaiter garder des nouvelles de moi. Aujourd'hui, ils sont nombreux au sud à attendre de mes nouvelles et à vouloir comprendre quelle vie je mène ici, au nord. D'habitude, je n'écrivais pas quand j'étais ici, à Paris. Pour cette fois, j'ai trouvé la motivation pour partager ce que je vis ici, et j'éspère que ça ne sera pas trop ennuyeux. De toute façon, si c'était le cas, rien ne vous empêche de ne pas lire ce mail, et même de demander à ne plus les recevoir... :)

Voilà donc... pour mes amis d'ici et d'ailleurs... la vie d'un chomeur heureux en lutte à Paris !

A peine atterri et déjà le nez dedans : la semaine commence avec une réunion pour la mise en place pour la seconde année consécutive de la semaine anti-coloniale. Quelques associations et individus se réunissent pour tenter de grouper différentes initiatives et différents travaux autour du colonialisme d'hier et d'aujourd'hui. Attribution du prix du colonialiste de l'année 2007, nuit du cinéma anticolonial, dêpot de gerbe sur la tombe de Manouchian etc etc.

Chez Survie, nous avions déjà en cours la brochure sur le colonialisme, le CD "Décolonisons !" et la préparation du mois contre la Françafrique, et en particulier du contre sommet à la rencontre des chefs d'état France Afrique qui se réuniront une dernière fois autour de Chirac à Cannes les 14 et 15 février prochains.

Mardi, la journée commence chez Amnesty International pour faire le point des informations concernant le Bénin, et les réfugiés togolais. Je file ensuite au cinéma, où je me régale avec "Babel", un excellent film du mexicain Alejandro González Inárritu où se rencontrent trois histoires, en différents lieux du monde (Maroc, Japon, frontière Mexique/USA). Une superbe critique de la société mondiale dans laquelle nous vivons aujourd'hui.

Mercredi, je suis en grève : le froid est si saissisant dehors que je n'ai rien envie de faire. Je me traine tout de même jusqu'au cinéma, où je vois un film d'une tristesse absolue « Libero » sur l'enfance d'un gamin qui reçoit une éducation super sévère. Pas drôle du tout.
Je me console en m'achetant un billet d'avion pour le Kenya, car je suis pris d'une irrésistible envie de participer au premier forum social mondial qui aura lieu en terre africaine pour de bon cette fois (et non polycentryque) du 20 au 25 janvier 2007 à Nairobi. Je lis des mails de préparation, notamment du côté d'Indymedia-Africa, et ça me fait trop mal de ne pas participer à ce rendez-vous... J'éspère être soutenu par quelques organisations pour le travail que je vais y faire, mais rien n'est sûr...

Le jeudi, je me rattrape. Je commence la journée au cinéma encore, avec un film africain cette fois. « La vie sur terre » raconte le rien dans un village malien de la région de Niono. Abderrahmane Sissako filme Sokolo à la veille du passage à l'an 2000, ses habitants qui s'affairent, dans des petites scènes de vie réjouissantes, malgré la difficultée du quotidien. Un très grand film ! qui me file la patate pour la suite de la journée. Je me rends donc à l'université de St-Denis, au nord de Paris, où a lieu depuis quelques jours une « occupation » par des sans-papiers.

Un slogan qui me plait bien : "J'adore les mouvements sociaux. Quand il y a pas mouvement social, je dors !"

L'AG un peu nulle...

Une conférence de presse est prévue pour 15h, mais quand j'arrive, pas l'ombre d'un journaliste. Je retrouve Diabé, un des animateurs du collectif de Montreuil des sans-papiers, un des 4 collectifs qui ont lancés le mouvement. Après quelques discussions, une assemblée générale commence, mais c'est le bordel avec peu de soutien de la part des étudiants, et des autres associations. La fac ferme le lendemain et une menace d'expulsion plane, mais le groupe ne semble pas s'organiser réellement pour résister, ou trouver une stratégie pour avancer. Je pars donc un peu déçu de la tournure que prennent les choses, 25 grévistes de la faim risquent bien de se faire virer le lendemain... Mais j'ai un rendez-vous chez Survie à honorer et je dois donc quitter. Là-bas, on m'attend avec un petit apéritif autour duquel nous partageons les dernières nouvelles, et nous travaillons sur les prochains événements...

En sortant, je passe par mon petit appart avant de rejoindre au bout de ma rue, Le Nouveau Casino, une salle de concert où se produit Keny Arkana, une rappeuse altermondialiste de Marseille. Le concert est complet depuis belles lurettes, c'est une petite salle, mais je me dis que je tente ma chance, on ne sait jamais. Et en effet, je tombe sur Fakir, un des potes du collectif enragé de Marseille « La Rage du Peuple » avec qui on avait travaillé lors du FSM de Bamako. On se connait pas, mais on se reconnaît rapidement, et il me fait rentrer au concert gratos. C'est là que j'apprends que mon ami Ras Bathidi de Bamako sera bientôt à Paris, et ça me fait énormément plaisir... Le concert est excellent bien évidemment, et ça fait du bien de se prendre du bon son en pleine face !

Vla le vendredi, je dois attendre le plombier qui vient réparer la fuite, et je rejoins ensuite ma femme à son association pour le super repas de Noël. En début de soirée, je me retrouve sur le parvis de Beaubourg pour une manifestation de solidarité avec la commune de Oaxaca en lutte, au Mexique, et pour se souvenir du massacre d'Acteal qui a eu lieu en 97 au Chiapas... Je retrouve donc les amis du Comité Chiapas (CSPCL :Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte). Certains d'entre eux, les veinards se rendent à la rencontre des peuples zapatistes et des peuples du monde qui doit se tenir en cette fin d'année. On peut pas être partout, mais ça m'aurait bien tenté. Pour l'instant, on se concentre sur les slogans qui rejoignent les cris de rage de l'autre côté de l'atlantique... Une belle manifestation qui se termine devant l'ambassade du Mexique, face à la police, que je vais croiser beaucoup ces prochains jours...

Et dès le samedi matin, où je participe à une action en compagnie des amis Déboulonneurs. Un collectif anti-pub qui a fait sienne le principe de la désobéissance civile. Il s'agit de se battre contre l'envahissement publicitaire en apposant des slogans à la bombe de peinture sur les grands panneaux qui fleurrissent partout dans nos villes et nos campagnes. Il s'agit de le faire de façon pacifique, et de laisser la police interpeller les auteurs des graffitis, afin d'aller au procès. L'action du jour revêt un caractère spécial puisque c'est le père noël qui se fait arrêter par des policiers presque aussi nombreux que les manifestants... (une cinquantaine)

La police est devenue subitement antipublicitaire? Il sont aussi nombreux que nous a assisté au barbouillage !

Papa noel passe à l'action...

...et se fait arrêter... Quelques heures de garde à vue et il sera libre pour aller faire sa tournée de cadeau...

La soirée du samedi soir se passe chez notre ami Régis, où l'on retrouve de vieux amis et faisons connaissance avec d'autres. Le reste du week-end et jusqu'à mardi, personne n'échappe aux traditionnelles fêtes de famille. Une pause bien symathique dans cette vie de fou. On mange, on cause avec la famille et ça fait du bien... On apprend tout de même que nos amis de St Denis se sont fait virer dans la nuit, sans arrestations mais avec une grande violence qui a fait plus de six blessés parmis les grévistes de la faim. Fin du mouvement pour le moment en tout cas...

Le mercredi est consacré aux démarches indispensables à tout bon chomeur : rendez-vous ANPE, passage à l'espace insertion pour faire quelques paperasses, rien de bien compliqué, mais quel ennui ! Les gens face à nous sont tellement impuissants face à la situation qu'on vit : il n'y a pas de travail, ou si peu. Moi je m'en fous pas mal, je ne cherche pas vraiment, mais pour les autres, ceux qui veulent bosser, que peuvent-ils faire? Bref, c'est tout de même long, et je rate du coup une émission de radio ou je devais raconter les aventures de ces deux derniers mois au Niger, Bénin et Togo...

Je me console avec un ciné le soir « Une jeunesse comme aucune autre » qui raconte l'histoire de deux jeunes israeliénnes qui font leurs services militaires dans le contexte tendu de Jérusalem et de ses attentats. On comprend mieux le traumatisme de la guerre et la difficultée pour les jeunes dans cette région.

Et nous voilà déjà à aujourd'hui, d'où je vous écris ce mail. La journée fut un peu militante, avec un premier rendez-vous chez Solidarités Jeunesses pour tenter de mettre en place les conditions de notre futur travail commun pour la rencontre de la jeunesse Europe Afrique dont j'avais déjà parlé ici. Ensuite, je rejoins le canal St Martin, non loin de là, où se sont installés depuis quelques temps un certain nombre de personnes qui n'ont pas de toit sous lequel dormir. Chez nous, on a l'habitude de passer sans les voir. On les appelle les SDF pour Sans Domicile Fixe. Quand il commence à faire très froid, comme maintenant, autour de 0°, on parle un peu d'eux, notamment quand l'un d'entre eux meurt en bas de chez nous.

Cette fois-ci, un grand mouvement s'est mis en place à l'initiative d'une association « Les enfants de Don Quichotte » pour placer cette question de société au coeur du débat et faire en sorte que cette situation inacceptable dans nos sociétés si riches prennent enfin fin !

Des tentes pour les rendez visible, c'est pas très nouveau, mais ça dérange les autorités...

Le directeur du cabinet du prefet de Paris fait semblant de s'intéresser au problème...

Du coup, au long d'un canal, où les promeneurs parisiens aiment à se ballader, deux cents cinquantes tentes de camping ont étés montés pour qu'on fasse un peu attention à eux. La lutte avance, et les discussions au bord du canal sont riches. Le mouvement risque de durer et de dépasser la simple question du logement ou de l'hébergement d'urgence, mais on en reparlera...

Le froid est terrible, mais je me lance à une nouvelle manifestation.

A deux pas du Trocadéro et de la tour eiffel, dans les beaux quartiers parisiens. Les ambassades.

Nous sommes tous des migrants africains !

Il s'agit maintenant de l'ambassade du Maroc, pour protester contre les rafles qui ont eu lieu le 23 décembre à Rabat, contre des migrants africains qui ont étés éloignés à la frontière algérienne, et qui sont menacés de part et d'autres par les policiers des deux côtés. Nous n'étions qu'une petite trentaine, mais on était ensemble.

Partout, des liens se créent, d'autres se renforcent, les luttes se tissent, et c'est ainsi que le monde finira par changer.
Parce qu'on s'accroche, parce qu'on y croit, et parce que trop de situations sont intolérables !

Programme des prochains jours :

Du 1er au 8 janvier : vacances avec ma douce en Turquie au bord de la mer...
8 au 18 janvier en France...
18 janvier au 5 février 2007 : Kenya...

A bientôt donc ! Bonne année à tous ! Que 2007 vous voient enfin rentrer dans la lutte ! Il n'est jamais trop tard !

Page suivante :
Courte plongée en Turquie ! >>


-----------------------------------------------


Lectures

1268 lectures

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

Le code HTML dans le commentaire sera affiché comme du texte, les adresses internet seront converties automatiquement.






Le contenu de ce site est sous Licence Creative Commons