mercredi 28 mars 2007
Forum Social du Burkina Faso 1ère édition, c'est parti !
L'avantage d'arriver au dernier moment, c'est qu'il n'y a pas à attendre
pour être plongé dans le bain et goûter à l'excitation inhérente à ce
genre d'événements...

Du coup, si les 35° la nuit sont supportables, les presque 45° à l'ombre dans la journée sont assez pénibles, quand s'y ajoutent en plus des traversées de Ouagadougou à l'arrière de la P50 pourrie de Cyril...
Cyril, un ami réalisateur français qui m'a accueilli hier à bras ouvert à l'aéroport, en compagnie de Bruno, un autre ami qui lui connait le Burkina depuis beaucoup plus longtemps que nous tous, puisqu'il a vécu ici au temps de la révolution, entre 84 et 87. Un de ces veinards qui a connu Thomas Sankara, et qui l'a si bien connu qu'il en a même écrit quelques bouquins, dont sa biographie de référence. Toujours passioné par l'homme et la révolution burkinabé, il continue de suivre de près l'actualité lié à Sankara, et à se battre pour qu'on n'oublie pas, ou qu'on connaisse mieux cette époque et ses pensées...
Ensemble, nous allons, comme c'est la tradition, partager quelques bières bien fraiches au maquis du coin « Jeunesse ». Accompagné du non moins traditionnel poulet bicyclette, et de quelques amis, on profite du bon temps et échangeons les dernières nouvelles du Burkina...
Je suis logé pour cette première nuit, par Camille, un ami de Cyril qui a monté son studio d'enregistrement à Ouaga, et organise régulièrement des petites soirées bien sympa, dynamisant la culture locale et favorisant l'expression de la jeunesse notamment...
Sa petite maison, derrière le stade du 4 août est bien agréable. Je prends la douche avec deux petites grenouilles, il n'y a pas d'ampoule dans la chambre, mais le matelas est super, et miracle, le ventilo au dessus de ma tête fonctionne !
Au matin, Cyril me trimballe sur sa mobylette pourrave vers l'autre côté de la ville, au siège du forum social, installé au local de la Confédération Paysanne du Faso, ce qui semble logique, dans un pays où la grande majorité de la population (sur)vit du travail de la terre...
L'activité n'est pas complètement folle, mais on y ressent une certaine atmosphère, mélange de concentration, de stress, et de satisfaction. On régle les derniers détails, on choisit de ne pas prendre d'agents de sécurité supplémentaire, (puisque le budget n'a pas été atteint : on rogne sur ce qu'on peut...), on accueille les participants, distribuant badges et reçus, et l'on compte les sacs du forum qui viennent d'être livrés, en coton évidemment !
Une navette transporte une première fournée de participants tandis que je prends le petit déjeuner à l'ombre des arbres dans un petit jardin non loin de là. De mon côté, il ne s'agit pas de se reposer, et une fois l'inscription réalisée et les 2500 CFA payé (je paye le tarif local, ils sont sympas...), je m'en vais retraverser la ville avec Cyril afin de récupérer la grosse valise pleine de brochures, cd's, et t-shirts que j'ai amené de France pour l'association Survie...
Mon crane est déjà tout rouge, et la crème solaire, que je n'ai pas oublié cette fois-ci va être du plus grand secours. Cyril doit me laisser et je finis dans la route en auto-stop. Une demoiselle en scooter s'arrête et accepte de me déposer 1 km plus loin, au niveau du stade. On engage la conversation, elle est au courant du forum, elle y participera puisqu'elle travaille pour une association néerlandaise qui sera aussi de la partie. Du coup, elle me dépose à domicile ! La chance est de mon côté !
Le temps de dire bonjour aux autres habitants de la maison et je ressors en pleine chaleur avec l'espoir de trouver rapidement un taxi. Là aussi, coup de bol, une voiture s'arrête devant la boutique, où je profite de l'ombre pour attendre mon taxi, pour acheter du lait. Je leur demande de me rapprocher du centre ville, et là encore, ils connaissent le forum, et me déposent devant la porte !
En fait, une polémique a fait la une des journaux de la place, entre les organisateurs du forum et quelques personnes de la société civile. Je n'en ai pas compris exactement les raisons, mais cela a incontestablement servi le forum en lui offrant une super visibilité. Je me demande si c'est pas un super coup de communication de la part des organisateurs qui se sont dit que ce serait un bon moyen d'attirer l'interêt de la presse ! Je suis un peu méchant car il y a à Ouaga de très bons journaux en plus..
Au siège du forum, je retrouve de vieux amis, croisés principalement au Bénin et au Mali, au cours d'autres forums, mais je fais également connaissance avec de jeunes altermondialistes locaux...
Vous pouvez écouter ici un entretien avec 3 d'entre eux :
http://www.afriradio.net/audio8.html
J'essayerai de poster de nouveaux sons au cours des trois jours, donc soyez attentifs...
Le temps de récupérer mon passeport à l'aéroport, et je file direction Loumbila, à 15 km de Ouaga, direction l'ENEP, un centre de formation de professeurs qui accueille le forum...
Comme d'habitude, c'est un peu la pagaille pour répartir les logements, mais tout le monde finit par trouver un matelas, et après une bonne douche, tout le monde est de bonne humeur à nouveau.
De mon côté, je suis un peu vert car tout le monde dit qu'il n'y a pas d'internet. Je ne me résigne pas et fait le tour du propriétaire-squatteur que je suis. Et une bonne surprise m'attend, vous vous en doutez déjà puisque vous lisez ceci : une connexion internet par modem est disponible, dans une salle climatisée ! C'est le bonheur pour moi, tiens...
Dans cette salle, je retrouve le père Jacques Lacour, accompagné d'Etienne avec qui j'avais déjà échangé quelques mails... Les amis burkinabés sont là aussi, et nous commençons tous ensemble à s'affaire pour réussir encore mieux la communication autour du forum...
C'est donc depuis cette salle que je vous écris, après avoir dégusté un plat de riz-sauce assez réussi, et avoir lancé la projection nocturne du film de Keny Arkana et la Rage du Peuple « Un autre monde est possible »...
Demain, les vrais débats commencent, mais je vais foncer dès ce soir participer à quelques échanges d'idées après le film...
Le Forum est bien parti, et regrettez donc, comme d'habitude, de ne pas être là !
PS : J'en profite pour diffuser ici quelques infos que j'ai reçu récemment du Niger : nos amis de l'Uenun, le principal syndicat étudiant du campus de Niamey, vivent depuis une semaine une sévère répression, avec l'exclusion de 6 d'entre eux de l'université, et l'arrestation, le 25 mars, de Diori Hamani, le secrétaire général de l'organisation... Le bureau et la maison du directeur du CNOU ont étés brulés. Des affrontements ont eu lieu avec les forces de l'ordre, faisant un mort du côté des étudiants. Les étudiants lui reprochent sa mauvaise gestion et son ingérence dans leurs affaires. Ils exigent son départ. La chasse à l'homme se poursuit à cette heure...











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