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Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /var/alternc/html/z/zoul/blog/atom.php:1) in /var/alternc/html/z/zoul/blog/atom.php on line 90 Zoulstory.com le blog...tag:www.zoulstory.com,2012:/blog/2010-02-23T03:41:06+01:00DotCleardaily12010-02-23T03:41:06+01:00Drôle d'époque au Togo... Fin février dans l'antichambre de l'enfer ?2010-02-23T03:41:06+01:00tag:www.zoulstory.com,2010-02-23:/blog/370zoulOn dit souvent que le mois de février est le mois le plus chaud au Togo. Avec la campagne électorale qui a commencé cette semaine, on se demande si 2010 ne va pas voir de nouveaux records de chaleur, et l'on s'inquiète déjà du mois de mars qui arrive, qui pourrait se révéler brulant, voir invivable pour de nombreux togolais...
Alors vous allez me dire que depuis un trimestre que je ne vous donne pas de nouvelles, je ne vous écris tout de même pas pour parler simplement du climat... Et bien non, vous avez raison, et je dois vous écrire pour de nombreuses raisons, mais... la chaleur, la paresse, le temps de vivre, et même un peu de boulot parfois, ont pris le dessus ces derniers temps.
Allez, ci-dessous, quelques impressions sur ce qui se passe en ce moment au Togo... Donnez aussi des nouvelles en retour, ça fera toujours plaisir...<p>On dit souvent que le mois de février est le mois le plus chaud au Togo. Avec la campagne électorale qui a commencé cette semaine, on se demande si 2010 ne va pas voir de nouveaux records de chaleur, et l'on s'inquiète déjà du mois de mars qui arrive, qui pourrait se révéler brulant, voir invivable pour de nombreux togolais...</p>
<p>Alors vous allez me dire que depuis un trimestre que je ne vous donne pas de nouvelles, je ne vous écris tout de même pas pour parler simplement du climat... Et bien non, vous avez raison, et je dois vous écrire pour de nombreuses raisons, mais... la chaleur, la paresse, le temps de vivre, et même un peu de boulot parfois, ont pris le dessus ces derniers temps.</p>
<p>Allez, ci-dessous, quelques impressions sur ce qui se passe en ce moment au Togo... Donnez aussi des nouvelles en retour, ça fera toujours plaisir...</p> <p>Bonne nouvelle : à l'actif du président qui s'était fait remarqué sur la scène internationale par une arrivée quelque peu meurtrière, le Togo ne compte quasiment plus de chômeurs en cette période électorale. La population, qui geignait il n'y a pas si longtemps d'avoir été oublié, maltraité, méprisé par le pouvoir en place depuis si longtemps, a enfin retrouvé le chemin du travail. Chaque matin, chaque soir, chaque instant, rendez-vous est pris dans les points de rassemblements : villas, parkings, siège des partis (pour ne pas dire du parti), buvettes et autres maquis... On boit et mange à volonté, jusqu'à l'éclatement, ou la nausée, avant de partir en groupes, juchés sur des camions, camionnettes, des vans, ou des motos, affublés des t-shirts blancs et des pagnes à l'effigie du candidat-président, armés d'une bonne sono, ou d'un orchestre mobile, et l'on sillonne ainsi dans un tonnerre assourdissant les nombreux quartiers de la ville...</p>
<p>Les cortèges sont constitués, précédés ou suivis de 4x4 bien brillants, et même flambants neufs, recouverts d'affiches aux slogans les plus divers. Ils sont souvent conduits par des femmes bien en beauté, et la musique (de nombreux artistes chantent la gloire de Faure, avec à leur tête la star Koffi Olomidé...) accompagne les klaxons qui rythme le funeste cortège. Après quelques heures de cet improbable concert mobile, on se rassemble en des lieux divers pour prendre son salaire, bien supérieur à celui en vigueur le reste de l'année au Togo (SMIC à 28.000 CFA soit 45 euros mensuel). Entre 2000 CFA (3 euros) et 5000 (7,50 euros) pour quelques heures de ballades et de cris, l'affaire est emballée, et l'on continue à boire, à manger, à danser et à chanter, dans cette euphorie qui trompe au moins ceux qui y participent.</p>
<p>Voilà pour l'essentiel du show. Tout le reste n'est qu'une affaire de décor. Et le décor, c'est d'abord les pancartes et les affiches. Le matin du premier jour de la campagne, quel togolais n'a pas été surpris de voir l'efficacité eu candidat-président pour l'organisation du collage ! Quartier par quartier, maison par maison, chaque mur, chaque portail, pour ainsi dire, a reçu la visite des colleurs d'affiches. Plus un panneau publicitaire 4x3 qui vante autre chose que la réélection du président fort.
Quand aux petites affiches et affichettes, elles ont aussi recouverts l'ensemble des panneaux qui annoncent des sociétés, des commerces, des associations, ou autres... La rumeur, en ville, affirme qu'on aperçoit parfois la nuit, à des heures tardives, les soldats en train de réaliser les collages. Des affiches qui proviendraient tout droit, toujours selon la même rumeur, de l'EDI-Togo, le service d'édition nationale de documents. Il se murmure doucement que cela est fait à titre gracieux. Cela expliquerait ce déferlement, mais on ne peut confirmer cette information à ce stade.</p>
<p>Bon mais les affiches, c'est petit. Et Faure veut aller « Plus haut, plus loin, plus Faure ». Alors il faut comprendre pourquoi certains quartiers de Lomé subissent à nouveau le délestage pendant de longues heures : le président s'est offert dans de nombreux coins de la ville, de véritables édifices publicitaires, de métaux et de lumière, à faire pâlir de jalousie un Bongo, qui proclame haut et Faure la supériorité du candidat-président. Ces édifices doivent consommer à eux seuls l'équivalent de l'électricité nécessaire à une ville de province en Europe, mais c'est vrai que ça a de la gueule... Je m'en suis rendu compte l'autre soir, à 4h du matin, en déposant un ami à l'aéroport, on se croirait à New-York ou à Tokyo, surtout la nuit, quand l'obscurité alentour empêche de voir la crasse et la misère qui demeurent en bas de ces installations surréalistes.</p>
<p>Pendant ce temps-là, que fait donc l'opposition togolaise ? Ils essayent de rivaliser en affiches et en cortège, mais manifestement ne font pas le poids. Tous négocient et négocient encore, non pas pour dégager un candidat unique, mais plutôt pour s'assurer un poste au chaud. Lorsque Faure sera réélu? Parfois, ils se « suspendent », menacent de « boycott », pour toujours finalement revenir dans la campagne, même s'ils savent tous que leurs chances sont bien faibles face à l'homme fort, et à sa machine bien huilée.</p>
<p>Et côté société civile ? ça cause non-violence, un peu, beaucoup, passionnément, y'a du financement pour ça. Les religieux de tous bords appellent à l'apaisement, et à la non-violence, original. Quelques voix, bien rares, bien faibles, mettent en garde ceux qui veulent bien les entendre sur les risques importants, notamment de violences post-électorales à grande échelles, liées à l'organisation d'un scrutin dans de si mauvaises conditions (contentieux sur le fichier électoral, milices à peine déguisées, achats massifs des consciences...).</p>
<p>Il y a aussi ceux qui s'organisent pour « paniquer le pays » si le résultat officiel annoncé ne correspondait pas au constat fait dans les bureaux de vote. Le risque est grand de voir ses leaders se faire arrêter dans les jours qui précèdent le scrutin, et on ne sait pas grand chose d'éventuels mécanismes d'alertes, de protection des victimes de violations des droits de l'homme, ou même des mesures prises pour porter assistance aux blessés en cas de violences.</p>
<p>Ce qu'on sait, ce sont les sommes énormes qui ont servies à équiper la police et la gendarmerie en matière de « gestion démocratique des foules » : et ça fait flipper... Il y a aussi des ambulances dans le lot, et on murmure discrètement qu'au Bénin, la représentante du HCR a fait aménagé deux sites pour prévoir ce qu'elle ne souhaite évidemment pas : l'affluence massive de réfugiés sur la frontière Togo-Bénin...</p>
<p>Bon, mais comme dit la chanson qui passe en boucle (contre 30.000 CFA samedi soir dans tous les bons bars d'Aného), les opposants savent toujours crier quand ça ne va pas, mais ils disent jamais quand ça va. Alors disons-le, ça s'améliore au Togo au niveau de la circulation routière : le nombre de barrages de militaires qu'on croisait il y a de cela 5 ans s'est considérablement réduit, et de nombreux chantiers de route existent, on a même installé par loin de chez moi des lampadaires à panneaux solaires, qui devraient fonctionner la semaine avant le vote...</p>
<p>Que reste-il à faire ? Un jeune commerçant dit qu'il est fatigué, que de toute façon les soldats sont plus « forts », et que quand la répression s'abat, il ne vaut mieux pas être dans la rue. Lui, il va se barricader un jour ou deux, en attendant que ça passe. D'autres, pour ceux qui peuvent, quittent déjà le pays, ça limite un peu les risques. Pour ma part, à la demande de « responsables du quartier » dont je viens de faire la connaissance, je me contente de tailler les arbres devant ma maison, qui selon leurs dires « font trop d'ombres.»... C'est vrai que je suis tout de même le voisin du préfet, et après tout, les branches pourront bien se remettre à pousser après les élections, non ?</p>
<p>---
Amis français : quoi que vous fassiez, votre impact sur la situation au Togo a toutes les chances d'être égale à pas grand chose, mais vous pouvez tout de même faire le choix, et l'effort, de mieux vous informer, voir de changer radicalement de mode de vie. Je vous invite d'ailleurs à venir y réfléchir ici après les élections si ça vous tente...</p>
<p>Election présidentielle du 28 février 2010, une nouvelle mascarade en perspective - Communiqué de Survie
http://survie.org/francafrique/togo/article/togo-election-presidentielle-du-28</p>
<p>Togo : Présidentielle du 28 février 2010 : un oeil sur la France
http://survie.org/billets-d-afrique/2010/188-fevrier-2010/article/togo-presidentielle-du-28-fevrier</p>Le rêve réalisé du vieil oncle Germain, et 30 ans dans quelques jours... Bon moment pour un bilan ?2009-11-22T12:18:21+01:00tag:www.zoulstory.com,2009-11-22:/blog/369zoulCe soir, le vieil oncle Germain, celui qui a élevé et "géré" seul depuis des années toute une famille, de nombreux enfants et tant d'orphelins, dont ma femme, s'est envolé pour les Etats-Unis.
Il a joué l'an passé, comme tout le monde ici, à la Loterie-Visa américaine et a gagné ! Passé des examens de santé, des entretiens avec les américains, à l'ambassade, la grande ambassade construite récemment à Lomé, et a finalement reçu, malgré son age avancé, le sésame rêvé, et a pris son vol il y a une heure, direction Paris, puis New-York...
À 63 ans, le vieux réalise un vieux rêve. Il reprend le chemin du ciel et de l'Occident, après 30 années sans avion, de retour alors de Hongrie, où il avait travaillé quelques années.
<p>Ce soir, le vieil oncle Germain, celui qui a élevé et "géré" seul depuis des années toute une famille, de nombreux enfants et tant d'orphelins, dont ma femme, s'est envolé pour les Etats-Unis.</p>
<p>Il a joué l'an passé, comme tout le monde ici, à la Loterie-Visa américaine et a gagné ! Passé des examens de santé, des entretiens avec les américains, à l'ambassade, la grande ambassade construite récemment à Lomé, et a finalement reçu, malgré son age avancé, le sésame rêvé, et a pris son vol il y a une heure, direction Paris, puis New-York...</p>
<p>À 63 ans, le vieux réalise un vieux rêve. Il reprend le chemin du ciel et de l'Occident, après 30 années sans avion, de retour alors de Hongrie, où il avait travaillé quelques années.</p>
<p><img src="/blog/ecrire/germain-and-co.JPG " alt="" style="display:block; margin:0 auto;" /></p> <p>Nous étions nombreux à l'aéroport à lui témoigner notre reconnaissance, et à lui souhaiter bon vent, lui qui est si attaché à cette terre d'Afrique, et à ses traditions, et qui aura sans doute du mal dans cette grande Amérique devenu le symbole de la folie de ce monde.</p>
<p>Il nous laisse une superbe "villa" et une cour toujours fraiche et agréable, pleine d'arbres tous plus beaux les uns que les autres, mais aussi des terrains à cultiver ici et là, et une famille importante aussi, dont il faudra prendre soin face aux coups difficiles de la vie, et on sait qu'ils sont nombreux dans le contexte togolais. Aux Etats-Unis, il essayera de travailler, puis d'acquérir la nationalité et de faire venir, pour étudier et travailler ses nombreux enfants, et petits enfants...</p>
<p>De mon côté, à bientôt 30 ans, il s'agit de passer aux choses sérieuses.
Après bientôt 15 ans de lutte, même si la rage continue de me porter, il est plus que temps d'orienter mes combats d'une façon différente, clairement.
L'activisme frénétique devra laisser place au cours des 10 prochaines années, à un projet plus construit, plus cohérent, peut-être aussi plus ancré localement.
Je devrai pour cela faire preuve de patience, de talent, mais aussi être capable de réaliser des choix qui aujourd'hui semblent s'imposer à moi peu à peu, même si j'ai encore du mal à trancher sur certains points.</p>
<p>Que retenir de ces dernières années ?
Les voyages évidemment : le fondateur Chiapas en 98, puis le tour du monde de 2001 à 2003 (Asie, Australie, Nouvelle-Zélande, puis Amérique du Sud pendant un an...)
Puis l'Afrique bien sûr, à partir de 2003. L'Afrique qui a séduit mon coeur, puisque j'ai commencé à y fonder une nouvelle famille, avec ma femme Enyo, rencontrée en 2003 au Togo, et qui n'était alors qu'une "petite" lycéenne de Lomé. Elle revient aujourd'hui sur le continent avec un master 2 de Sciences Politiques de la Sorbonne, et elle fait ma fierté, et celle de toute sa famille. Elle se propose un nouveau défi avec la réalisation d'une thèse sur le Togo et le Ghana dont les contours appellent une certaine discrétion. L'Afrique, où j'ai su trouvé aussi un terrain fertile pour l'expression de ma colère dans de nombreuses luttes, en lien avec mon pays d'origine la France : c'est évidemment ce combat contre la Françafrique bien sûr, ses acteurs évidemment, mais aussi les mécanismes et les idées qui la sous-tendent : le racisme et le néo-colonialisme.</p>
<p>Plus largement, le combat contre la Mafiafrique des paradis fiscaux, des sociétés militaires privées, des multinationales toutes puissantes, et du nouvel ordre mondial qui impose sur toute la planète sa domination, et qui risque bien de nous la foutre en l'air. Quelques intérêts privés, quelques transnationales cachent le pire de leurs activités dans ces paradis fiscaux, et l'on feint encore de s'émouvoir ou de s'étonner, tandis qu'un milliard de personnes crèvent de faim, et n'ont pas accès à l'eau potable, quand on débloque au même moment des milliers de milliards de dollars pour engraisser les banquiers et les traders qui pourrissent nos vies à tous. Ce militantisme est une grande source de bonheur pour moi.</p>
<p>Ces luttes, ces résistances m'ont permis de rencontrer tant d'hommes et de femmes qui me donnent la force, l'énergie, et l'envie de continuer à me battre jusqu'aujourd'hui. La lutte continue, bien sûr !</p>
<p>Une pensée tout de même pour le travail salarié, ce fléau, qui a aussi tout de même malgré moi occupé une part considérable de mon temps. Bien qu'elles ne furent pas toujours totalement inintéressants, les périodes de boulot, même si souvent limitées à des périodes assez courtes, furent en général des moments de vie assez pénibles, des formes de parenthèses en attendant de vivre, vraiment. J'envie sincèrement ceux qui sont heureux dans leurs boulots, qui parviennent à gagner leurs vies tout en s'épanouissant, sans les diktats et les contraintes d'une autorité quelconque, sans les contradictions subtiles liées à un financement reçu, sans la menace d'un licenciement, le burocratisme et les congés payés 5 semaines + RTT. J'ai vu, dans toutes mes expériences de boulot, au cours de ces quinze ans, des souffrances terribles, des vies brisées, des gens abattus et malheureux, des gens qui pourtant se résignaient et acceptaient en silence leurs boulots de merde, faute de pouvoir imaginer une vie meilleure. Je peux dire clairement que ce qui m'a permis de tenir, toujours, fût de réussir à m'aménager des moments considérables pour les luttes, en parallèle de mes boulots ennuyeux.</p>
<p>À tout ceux qui bossent, je dis : « Désertez ! Libérez vous avant qu'il ne soit trop tard ! »</p>
<p>Alors, tout ça pour quoi maintenant ?
L'évidence suivante s'impose aujourd'hui à moi avec assez de clarté : face au vol de nos vies, à l'apparente absence de choix, face aux normes, face à nos sociétés mesquines, face aux étaux qui nous maintiennent tous dans une forme d'esclavage plus ou moins acceptable, face à la confiscation de la souveraineté à tous les niveaux, face aux médias menteurs, à la malbouffe, aux cancers, aux ondes nocives, face à la répression que nous offre pour seule réponse les puissants, la seule alternative viable, réelle, en attendant le chaos qui s'annonce, c'est celle de reconstruire ici et maintenant le maximum d'autonomie, dans tous les domaines possibles de l'existence : alimentation d'abord, énergies, santé, habitat, et bien d'autres domaines...</p>
<p>C'est ce que je vais m'atteler à faire au cours des prochaines années, tout en essayant, et ce sera sans doute le plus difficile, de me défaire de la première domination, celle que nous subissons tous, celle du pognon roi, du fric, du blé, de celui qui corrompt, de celui qui achète, qui détourne, qui prostitue, et dont il semble si difficile de se passer, celui dont on a jamais assez, apparemment...</p>
<p>Je reviendrais dans un autre message sur ces différents projets qui prennent forme au Ghana, au Togo et ailleurs.</p>
<p>Maintenant, il commence à être un peu tard, et je pense à mon père et à ma mère, qui lorsqu'ils avaient mon age, si jeunes, avaient déjà un petit enfant d'une dizaine d'années, à qui ils ont offerts le meilleur d'eux-mêmes, et tant d'amour et de liberté qu'il a su vivre par lui même, et devenir celui qu'il est aujourd'hui. Je vous dis merci.</p>
<p>Quand à toi, petit frère, tu es peut-être déjà papa, et ça me fout un sacré coup de vieux. Tu m'as encore doublé dans un virage ! Quand est-ce que tu viens avec toute ta famille manger des mangues au village avec moi, Enyo, et ...</p>
<p>Germain, lui, est dans l'avion, au dessus du désert. Je pense à lui.
Quitter son pays aimé, adoré même malgré tout, pour assurer un avenir meilleur à sa famille, à ses enfants, quelle plus belle preuve d'amour de la part d'un père qui a tout fait pour changer politiquement les choses dans son pays, et qui doit se résigner, alors qu'on a assassiné tous ses frères, et face à la dictature de père en fils qui s'installe, à chercher des solutions concrètes à l'extérieur ?</p>
<p>Je souhaite une longue et belle vie à Germain, et rêve à ses côtes qu'un jour, par ses fils et par ses filles, le Togo et l'Afrique puisse arracher enfin leur indépendance, et inventer un autre monde possible, où la justice et la dignité occupe la place qu'elles méritent.</p>
<p>Pour finir, je lui dédie cette fabuleuse et célèbre phrase de Thomas Sankara qui m'inspire parfois dans les inévitables moments de blues :
« Là où s'abat le découragement s'élève la victoire des persévérants. »</p>
<p>En attendant, je peux vous assurer qu'on ne s'ennuie pas à Lomé : Festival Alimenterre, Festival International du Film des Droits de l'Homme, et autres projections de films militants (Cona-cris : une révolution orpheline, Mascarade(s), Une affaire de Nègres...), réunions avec Attac-Togo, visites aux villages, mise en place d'une néo-amap, etc etc...</p>
<p>Pour tous les autres, et en particulier tous les togolais courageux, épris de justice et de liberté, je me contente de vous donner rendez-vous lundi prochain, le 23 novembre à 11h sur le campus de Lomé, pour enregistrer une émission de radio en direct de notre « studio mobile » avec de nombreux invités très précieux, parmis lesquels Dimas Dzikodo, pour remplacer l'émission de RFI qui a été déplacé à l'hôtel Sarakawa pour empêcher la colère étudiante de s'exprimer...</p>
<p>Zoul
http://www.zoulstory.com
Au Togo : +228.081.25.38</p>[Zoulstory.com] « La lutte continue... » à Ouagadougou...2009-11-05T16:42:25+01:00tag:www.zoulstory.com,2009-11-05:/blog/368zoulC'est pas moi qui le dit. C'est le directeur-adjoint du service
« étrangers » du bureau de l'immigration à Cotonou. Un des services des
renseignements généraux du Bénin, aussi appelé DST pour Direction de la
Surveillance du Territoire. Quand il me croise dans son bureau, l'homme
lève son... <p>C'est pas moi qui le dit. C'est le directeur-adjoint du service
« étrangers » du bureau de l'immigration à Cotonou. Un des services des
renseignements généraux du Bénin, aussi appelé DST pour Direction de la
Surveillance du Territoire. Quand il me croise dans son bureau, l'homme
lève son poing en symbole de résistance. Après 4 jours passés à Cotonou,
c'est sans doute le souvenir le plus amusant. Même si ces quelques jours
furent autrement bien remplis.</p>
<p>Il serait trop long de raconter par le menu la discussion qui nous a amené
à mieux nous connaître, mais j'ai été convoqué, suite au refus de ce
service de me prolonger mon visa : on me reprochait d'avoir indiqué une
adresse d'un hôtel, où je ne résidais pas effectivement. Le Bénin applique
depuis peu une politique de réciprocité qui vise en particulier les
français. Quel plaisir pour eux visiblement d'infliger aux français des
pénalités, des amendes, ou d'imposer à chacun de fournir un certificat
d'hébergement justifiant d'un logement au Bénin. Après de longues
explications et un plaidoyer incroyable, le bonhomme a vu qu'il avait à
faire à un drôle de français : je portais tout de même le t-shirt de
Survie « On arrête quand ? » et mon ordinateur arborait un bel autocollant
« Fortress Europe ». Tout ça m'a sauvé, et pour la première fois, il est
revenu sur sa décision d'infliger une amende, et m'a finalement prolongé
le visa...</p>
<p>Après quelques jours à Cotonou, nous nous sommes retrouvés au Togo, à
l'université de Lomé, puis dans un village, à Hangoumé, à 65km de Lomé,
pour une matinée exceptionnelle. J'espère revenir sur ces événements sur
lesquels j'ai beaucoup à dire, mais le temps nous manque.</p>
<p>En effet, à peine finies les activités avec le CADTM, nous avons pris la
route direction Ouagadougou, pété l'embrayage, crevé 3 pneus, conduit 36
heures, pour arriver, épuisé, pour la première journée du FILEP : un
festival sur la liberté de la presse qui réunit 200 journalistes engagés
de 40 pays d'Afrique. Actuellement les débats sont en cours, et nous
devons suivre avec attention.</p>
<p>Ce message pour vous signaler qu'il est possible de suivre les travaux sur
le site que nous animons ici : <a href="http://www.filep.org" hreflang="fr">www.filep.org</a>.</p>
<p>Après le FILEP, nous partons visiter la ferme agro-écologique de Guié,
puis nous redescendons par le Ghana, pour rendre visite à la communauté
qui souhaite accueillir un projet de tourisme solidaire autour de
l'agriculture et du monde paysan...</p>
<p>Zoul
PS : Je suis joignable à Ouaga au +228.78.15.53.25.</p>[Zoulstory.com] 1001 raisons et 1001 façons de se révolter. Impressions suite au Forum Soci al Québécois...2009-10-13T22:29:12+02:00tag:www.zoulstory.com,2009-10-13:/blog/367zoul4 jours intenses viennent de s’écouler, sans me laisser le temps et le
loisir de partager à chaud mes impressions sur cette seconde édition du
Forum Social Québécois. C’est donc tout juste au sortir de l’événement que
je vous livre ici en vrac quelques impressions.<p>4 jours intenses viennent de s’écouler, sans me laisser le temps et le
loisir de partager à chaud mes impressions sur cette seconde édition du
Forum Social Québécois. C’est donc tout juste au sortir de l’événement que
je vous livre ici en vrac quelques impressions.</p> <p>Richesse, d’abord, d’une quantité d’ateliers incroyables aussi bien en
termes de diversité, que de qualité.
C’est plus de 300 événements qui se sont effectivement tenus, rassemblant
plus de 4000 participants, avec en général une très bonne qualité
d’interventions, et une participation par atelier ou conférence
généralement limitée qui permettait souvent des débats et des échanges
d’une grande richesse.</p>
<p>Richesse, que j’essaye de vous faire sentir dans les petites chroniques
ci-dessous, de ces quelques journées qui viennent de s’écouler, et qui
m’ont fait voyager un peu partout, du grand nord canadien, aux rives des
grands lacs du Congo, en passant par Gaza, Bamako, le Guatemala, l’Irak,
la Tunisie, les USA, et les quartiers Nord de Montréal…</p>
<p>Richesse des rencontres humaines enfin, impossible à décrire ici dans leur
diversité, leurs espoirs et leurs forces… Pour cela, il faut être présent,
et cela ne tient qu’à vous de rentrer dans la danse… C’est surtout pour ça
qu’on est là, et c’est irremplaçable !</p>
<p>Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, quelques mots sur
l’organisation en général. Le travail a été bien fait dans de nombreux
domaines : informations, mobilisation, logistique, même si certains
aspects auraient sans doute pu être améliorés, parmi lesquels je relève :</p>
<p>- les « lieux du forum » : éclatés entre les nombreux bâtiments de
l’Université du Québec à Montréal (UQAM), les 8 étages et les couloirs
tortueux du Cégep du Vieux Montréal (un lycée), et d’autres lieux encore,
difficile de sentir l’unité au sein des participants. Même la « foire » où
l’on rencontre les nombreux stands militants ou commerce équitable, semble
avoir été cachée au public. Il faut pousser au fin fond d’un couloir pour
trouver la salle internet. La marche finale, et le concert sur une place
publique furent les seules activités ouvertes sur la ville, l’ensemble
ayant participé à la création d’un sentiment d’isolement, voir de ghetto
militant…</p>
<p>- la « convergence » : élément essentiel des forums sociaux, cette
préoccupation n’a semble-t-il pas été suffisamment intégrée par les
organisateurs : le programme aurait pu être réduit à 200 événements,
rendant plus naturelle la convergence. L’éclatement en 8 ou 9 axes
thématiques pour les soirées prévues en fin de journée les samedi et
dimanche soir ont donné lieu à un bide presque total. Fatigués, ou pris
dans d’autres activités, ces espaces furent ignorés, ou boudés du public.
Le seul vrai moment de convergence fut la séance finale du lundi matin,
dit « espace des revendications et des appels à l’action collective ».</p>
<p>Je vais maintenant essayer de me souvenir, et de parcourir brièvement les
activités phares auxquelles j’ai eu le loisir de participer :</p>
<p>Jeudi. Le forum a commencé par sa soirée d’ouverture, jeudi soir, à la fin
du Conseil International, et j’étais déjà sur les rotules. Jean-François
Lessard, un chanteur enragé au talent immense, m’a réveillé le temps de sa
prestation. Celui qui a fini de me mettre en rage, c’est Taoufik,
coordinateur du secrétariat du Forum Social Africain qui monte sur scène
annoncer la tenue du Forum Social Mondial à Dakar 2011. Si peu ici savent
la réalité du mouvement social africain, qu’il peut se permettre son
baratin. C’est donc sans attendre la fin que je suis rentré dormir, et
préparer le marathon qui s’annonçait les jours suivants.</p>
<p>Vendredi. Après un sommeil réparateur, j’anticipe le début du forum en
allant visiter en compagnie d’Alain Deneault le local de leur collectif «
Ressources d’Afrique ». On y trouve une invitation à un déjeuner-débat,
sans aucun en lien avec le forum social, organisé par l’UQAM, autour de la
question de la « gouvernance minière au Congo ». La conférencière,
chercheure au Grama, vient de défendre sa thèse sur le sujet, où elle a
obtenu la note de 18 et la mention excellent. Je m’attendais à une
révolution. Elle n’a rien dit, elle n’avait rien à dire. C’est ce qu’on
lui demandait. Quel talent. Je l’ai un peu taquiné : comment pouvait-elle
limiter son sujet d’étude à la seule « gouvernance du Congo », quand elle
annonçait d’emblée l’absence de souveraineté d’un état ravagé par la
guerre et soumis aux diktats extérieurs ? Comment ne pas s’interroger sur
les acteurs réels de cette souveraineté, qu’elle n’avait pas besoin de
chercher bien loin ? Réduire les systèmes parallèles illégaux aux petits
fonctionnaires et trafiquants sans déceler le rôle fondamental des
multinationales, de la bourse de Toronto, de la Banque Mondiale et du FMI.
Heureusement, le forum allait commencer, et j’allais avoir le loisir
d’écouter des choses plus sensées. L’université a du souci, vraiment.</p>
<p>Tourisme Solidaire.
Je commence soft avec un atelier sur l’alter-tourisme. J’en apprends plus
sur les peuples autochtones du Canada, que sur le tourisme solidaire, mais
j’en retiens tout de même quelques idées : cette forme de tourisme peut
contribuer à redonner du pouvoir à des populations qui en sont privées,
entre autres avec la création d’emplois de qualité. Le tourisme solidaire
n’est pas tant un produit, qu’une relation à créer. Je me débarrasse au
passage d’un doute : l’absence d’implication dans un projet de tourisme
solidaire peut créer autant de troubles, si ce n’est plus, que
l’implication dans un projet de ce type. Je suis intéressé à continuer la
réflexion sur le sujet, si vous avez des pistes, des idées, je suis
preneur.</p>
<p>Jardins sur les toits à Bamako.
C’est les copains d’Alternatives Internationales qui se proposent de
partager leurs expériences dans le domaine des échanges autour de
l’agriculture en milieu urbain. Quelques jeunes stagiaires reviennent de
Bamako, où elles ont contribués à créer, sur le toit de la radio Kayira,
un jardin urbain. Sympa, mais rien de bien révolutionnaire, je m’en vais
voir ailleurs. C’est l’heure aussi d’aller remplir ma mission de bénévole.</p>
<p>Bénévolat ?
J’aime m’impliquer dans ce genre de forum, en tant que bénévole, non pas
seulement pour contribuer, mais plus pour accéder et échanger aux
organisateurs, aux autres bénévoles, et mieux comprendre les logiques qui
sous-tendent leurs travaux. On me confie une mission informatique de base,
tout en me faisant comprendre que la mission était déjà remplie à 95% et
que je ne serais pas vraiment utile en fait. Je propose alors de
réorienter ma « mission » sur la rédaction de comptes-rendus, proposition
acceptée. Je redeviens donc libre de me balader et de participer aux
ateliers du forum. La plupart des bénévoles sont de jeunes étudiants
engagés, il règne une ambiance chaleureuse, et on sent partout leur
efficacité, leur présence, et leur disponibilité. Chapeau à tous !</p>
<p>« Leur crise »
La soirée avance, et je me rends au café « L’Absinthe » pour le lancement
des nouveaux cahiers du socialisme, un recueil de textes autour de « Leur
crise ! ». Discours engagés, enflammés, retrouvailles avec Elodie, de la
maison d’édition Ecosociété, quelques échanges sympas, un peu de musique
et beaucoup d’alcool. Le mot de passe, le mot-clé : « Vive la révolution !
», mais je me sens étonnamment seul dans ce zinc, et mal à l’aise
finalement. Moment de fatigue ? Absence de repos et de repas ? J’apprécie
tout de même à nouveau, cette fois en solo, la superbe prestation de
Jean-François Lessard : va vraiment falloir que je me procure son album
avant la fin de mon séjour ici…</p>
<p>Mobilisations, révoltes et répressions à Gafsa en Tunisie.
Je finis la soirée en compagnie d’un camarade croisé maintes fois à Paris
: Mouhieddine Cherbib, président de la Fédération des Tunisiens des Deux
Rives, animateur de nombreux mouvements en France et au Maghreb. C’est le
lancement du film « Leila Khaled la tunisienne » qui revient sur la grande
mobilisation du bassin minier en Tunisie, autour de Redeyef. Salle comble,
environ 50 personnes, et débat intéressant, sauf lorsque quelques
tunisiens libéraux nient le caractère dictatorial du régime de Ben Ali, et
essaye de plomber le débat. Mais la tentative de sabotage est bien
contrôlée, et la soirée s’achève dans la bonne humeur…</p>
<p>Samedi. Troisième jour. Un petit café dans un troquet non loin de chez
Alain, un bus, un métro, quelques minutes dans le froid qui est bien tombé
ce matin, et j’arrive non loin des lieux du forum. Je porte un bonnet noir
enfoncé sur ma tête, une écharpe, et un gros gilet un peu pourrave,
lorsque j’essaye de demander ma route à un groupe d’étudiantes, qui me
bloque net d’un signe de la main qui veut dire stop. Je ne me démonte pas,
et leur explique d’en dépit de mon allure de vagabond, je ne leur demande
pas l’aumône, mais simplement mon chemin. Les trois étudiantes sont «
désolés au carré », – c’est leur expression – elles m’indiquent ma route
en essayant, honteuses, de se justifier : « Tu comprends, ici, on est
sollicité 100 fois par jour… » Je comprends, mesdemoiselles, je comprends.
Vous êtes ce que vous êtes. Assumez. Bref, je me suis levé bien trop tard
pour assister au premier atelier qui m’intéresse ce matin autour d’un
projet d’observation électorale au Salvador au début 2009. La mise en
contact avec leurs promoteurs a tout de même pu se faire, et le collectif
« élections Afrique, mascarades » mis en place à Paris, devrait bénéficier
de cette expérience.</p>
<p>Quartiers populaires, racisme ordinaire, et violences policières.
Je cherche à me rendre à un atelier bilan autour d’un genre de Forum
Social des Quartiers Populaires tenus dans les quartiers nord de Montréal
: « Hoodstock », organisé un an après l’assassinat de Fredy Villanueva,
entre les mains de la Police de Montréal. L’événement a été déplacé au
lendemain, mais l’on me raconte une anecdote saisissante sur la
stigmatisation qui s’opère comme chez nous en France vis à vis des
quartiers périphériques :
Les journaux locaux pour unique couverture du forum, lors duquel se
tinrent une série d’activités toutes plus riches les unes que les autres,
ne trouvèrent rien d’autre à dire que : « Il n’y a pas eu de violences !
», pour faire suite aux annonces, nombreuses, de la part de cette presse
de merde, qui prévoyait une explosion de violence à cette occasion !</p>
<p>S’attaquer au capitalisme !
Un peu déçu, je me rabats donc sur un atelier, totalement bondé, près de
100 personnes s’entassant dans une petite salle de classe. Je prends le
débat en cours, il s’intitule : « S’attaquer au capitalisme ou l’aménager
: le capitalisme est-il humanisable ? ». C’est un poil barbant, mais je
retiens une idée d’Engels qui stipulait deux ans après la mort de Marx :
L’important, c’est la mise en mouvement des ouvriers vers l’action
politique indépendante, sur n’importe quelle revendication ! Le Forum
Social Mondial serait sans doute d’accord avec ça, et moi aussi je crois.
L’autre idée : « Le capitalisme n’est pas puissant tout le temps et
partout. » à méditer, non ?</p>
<p>Food not bombs et informatique à libérer.
J’avale un sandwich issu de bouffe récupéré, au paté végétal et aux
pommes, c’est pas mauvais et c’est prix libre.
Ensuite, un tour sur le net, mais je ne vois que des machines sous
Windows, sans doute une contrainte lié au laboratoire. Je suis seul dans
ce grand espace composé d’une centaine de machines. Tout le monde a son
propre portable et se connecte en wifi directement dans les salles
d’ateliers. J’ai une pensée pour Lomé, et l’étrange rencontre qui s’est
tenu sans Internet, sans salle informatique. C’est triste une telle
inégalité.</p>
<p>Art et engagement politique.
Pas le temps de rêvasser, j’ai envie de suivre un atelier organisé par
Ecosociété autour de l’art et de l’engagement politique. J’en retiens la
présentation de France Théoret, auteure féministe, qui évoque « un art qui
prend position », elle parle de son engagement « en faveur de la liberté
artistique, contre l’idéologie ». Elle se réjouit d’un mouvement féministe
qui a gagné de belles batailles, ouverts et conquis, par la lutte de
nouveaux droits, un mouvement sans chef de fil, sans hiérarchie. Elle
fustige et démonte, avec rigueur et talent « les discours ambiants contre
l’engagement politique. » Hyper motivant !</p>
<p>« La convergence troublante du privilège, de l’activisme et des voyages.»
Hélas, au même moment se tient un autre atelier donc l’intitulé,
ci-dessus, a retenu toute mon attention.
Un douzaine de personnes, essentiellement des femmes, échangent à bâtons
rompus. J’écoute un peu, et rapidement brûle d’intervenir, de partager mon
témoignage, mon expérience. Si rares sont les espaces où l’on peut
échanger collectivement sur ce type de sujets. On évoque les paradoxes et
les contradictions d’un engagement politique dans les « pays du Sud »
lorsqu’on est un « petit blanc » qui essaye de participer, en commun, à la
construction d’un autre monde. On parle de racisme, de prise de
conscience, de limites, de dérives, de dangers et de réponses
personnelles, de stratégies. C’est franchement passionnant, mais il manque
tout de même la présence de « ceux du Sud » pour nous renvoyer notre image
en miroir. Un échange à poursuivre et développer, sans aucun doute !</p>
<p>Comment réagir à Noir Canada ?
C’est le thème de cet atelier, animé aux côtés d’Alain et de Me Jean-Moïse
Djoli, président de l’Association des juristes congolais au Canada, qui
tente de mener une plainte contre une multinationale canadienne Anvil. On
parle interdisciplinarité des approches, on liste les pistes d’actions
possibles, et la salle se lance dans des témoignages tous plus
bouleversants les uns que les autres, tel cet autre congolais qui raconte
son parcours personnel : la guerre, les assassinats, la fuite, les camps
de réfugiés, la réinstallation au Canada, et les questions qu’on lui pose
souvent ici : « Pourquoi venez-vous ici ? Est-ce pour profiter du système
? ». Ceux qui se mobilisent déjà témoignent, les autres promettent de
rejoindre le mouvement, c’est extrêmement motivant et rompt avec une forme
de pessimisme ambiant qu’on peut croiser à Paris dans ce genre de
conférences. Au Canada, ce bouquin a provoqué quelque chose d’unique, de
nouveau et on assiste à la naissance d’un mouvement inédit dont la portée
nous échappe aujourd’hui…</p>
<p>Gaza, on n’oublie pas !
Les soirées de convergences sont annulées, et je participe donc à une
soirée de solidarité avec la Palestine, autour du thème
Boycott-Désinvestissement-Sanctions, qui conclue une journée mondiale
d’action sur le même slogan.
Pièce de théâtre magnifique, cinémas, et concerts s’enchaînent, devant un
public nombreux et métissés (plus de 300 personnes). Je me prends à
danser, comme un pied, je vous rassure, porté par la fatigue, défiant ce
public mort qui manque de s’endormir, quand pourtant 3 musiciens essayent
de nous ramener à la vie avec leur musique tzigane. En sortant, je ne sais
comment, je me retrouve dans un bar branché de Montréal, l’ennui me
submerge, la musique techno me casse la tête, l’absence de mots (malgré
l’ivresse de la journée) me dévore : je fuis sans un adieu, et retraverse
la ville à pied, retrouver un peu de sommeil et de paix…</p>
<p>Dimanche. Et de quatre ! Le réveil est de plus en plus dur, je tourne sur
les stands, à la recherche d’un bon café. Le second me voit enfin à peu
près en état de bosser. Je commence à suivre un atelier autour du
dynamisme de la société civile en Afrique de l’Ouest. Seules 10
participantes sont présentes, mais la présentation de la première
intervenante, qui revient d’un stage auprès du Mouvement Burkinabé pour
les Droits Humains et des Peuples est saisissant. Elle raconte la boutique
de droits, les succès et les difficultés d’un tel mouvement au Burkina
Faso. Bien que familier du mouvement, j’apprends des petites choses, mais
je n’ai pas la patience d’attendre le temps du débat, et m’en vais
rejoindre un autre atelier sur un thème bien proche, organisé par Alain et
William, autour du cas de l’exploitation de l’or à Sadiola, au Mali. Je
m’improvise porte-parole de Camille de Vitry, la réalisatrice du film
projetée, qui glace les participants (nombreux, la salle est pleine). Je
redécouvre le talent et le courage de Camille pour réaliser cette enquête,
j’en ressens la portée, profondément. Le débat est élargi à la
mobilisation générale, aux rôles des diasporas, et j’y évoque l’OREZ qui
essaye de fédérer les résistances.</p>
<p>J’avale un sandwich au soleil et cause avec deux communistes de la
révolution à Cuba et au Vénézuéla, avant de devoir décider entres les 6
ateliers passionnants qui se déroule au même moment à 14h ce dimanche
après-midi.</p>
<p>Faute de choisir, je vogue de l’un à l’autre, n’appréciant que rarement la
substance du débat, mais percevant l’ambiance générale qui se dégage de
tous ces travaux : « Les gauches en Amérique », « Crise du capitalisme :
repenser le développement et l’infléchir vers l’autocentrage progressiste
» animé par l’ami Aziz S. Fall du GRILA, qu’on avait déjà reçu à Paris.
Riche et enthousiasmant ! Je finis l’après-midi entre la grande conférence
sur le thème « La survie de l’humanité » autour d’Albert Jacquard et
d’autres grandes personnalités internationales. Passionnant, inquiétant,
magnifique, déprimant aussi… L’atelier pratique d’organisation d’un
tribunal des peuples sur l’industrie minière du Canada me remonte un peu
le moral, mais c’est ce diner Hamburger-Frites à « La Paryse », le
meilleur restaurant fast-food de la ville, qui fait juste face au CEGEP
qui finit de me redonner la patate !</p>
<p>Je rate tout de même 4 ateliers qui m’intéressaient vraiment : j’ai pas
suffisamment de « réseaux » à Montréal pour qu’on se partage le boulot et
les comptes-rendus, comme j’arrive souvent à le faire en Afrique.</p>
<p>La soirée de convergence du dimanche soir est aussi un semi-échec, la
plupart des réunions ne se tiennent pas. Les autres sont déjà trop
entamés, et je comate sur un canapé, ne sachant plus trop ou je suis ni
pourquoi. Au radar, mes jambes me ramènent à la maison, où la fatigue
m’emporte en quelques secondes…</p>
<p>Lundi matin. 5ème et dernier jour au FSQ.
Ce sont des nuits dans rêves, mais les réveils sont toujours féconds :
directs, soudains, les idées se bousculent dans ma tête. Je tends le bras
hors du lit, attrape un cahier, un crayon, et griffonne quelques idées qui
me serviront pour plus tard. Il est souvent 6h du matin – décalage horaire
oblige – et pas la peine de compter se rendormir après ça. 4h de sommeil
par nuit, c’est pas humain, mais l’adrénaline va encore me porter une
dernière journée…</p>
<p>Ce matin se forme « l’espace des revendications et des appels à l’action
collective ». En vérité, en dehors de rares interventions, chacun répéta
sa « petite » préoccupation ou passion personnelle, le tout s’apparentant
encore à un listing fastidieux des initiatives à rejoindre, plutôt que
d’adresser des préoccupations plus stratégiques…</p>
<p>Ce moment de partage se conclue tout de même sur un sympathique chant
mi-burlesque, mi-sérieux nous invitant à nous mettre « en marche », ce qui
fût fait aussitôt par les quelques 150 participants à cet échange,
rapidement rejoints par d’autres… Le cortège fit un paisible tour du
quartier quasiment désert en cette journée de thanks giving : ni actions,
ni slogans choc ne firent trembler les puissants, ce qui m’inspira dans un
moment de folie désespoir, un étonnant slogan : « Silence ! Silence ! Nous
marchons en silence ! » diversement apprécié par mes voisins de
manifestation…</p>
<p>De retour de la marche, un concert et des prises de paroles concluent ce
forum social, tandis que nous sommes un petit groupe à se réunir, avec
Samir d’Attac Togo, et des organisateurs du FSQ, dans un café coopératif
de la place. On continue la lutte, en mangeant, buvant, et se promettant
de se retrouver lors du Forum Social Mondial de Dakar en janvier 2011.
C’était un beau forum, et tous sortons grandis de cette aventure partagée…
jusqu'à la prochaine fois…</p>
<p>En soirée, invité chez des amis à dîner, j’apprends que la politique
d’expulsion des étrangers sans-papiers mené par le Canada est bien
similaire à celle que la France pratique. Mêmes résistances de ce côte de
l’Atlantique, mêmes silences de la majorité des bons citoyens, et des
esclaves-consentants, et la rage me gagne à nouveau.</p>
<p>Tout ça là, jusqu’à quand ?</p>
<p>Zoul</p>
<p>PS : je suis ici jusqu’au 20 octobre, joignable par email, ou au téléphone
(fixe : 00-1-514-523-10-93). Ensuite, Paris 3 jours, et retour en Afrique
pour un périple qui va durer un mois entre Cotonou, Lomé, Ouagadougou et
Accra…</p>[Zoulstory.com] Et si on arrêtait d’avoir peur ? Le Forum Social Mondial dans des beaux draps…2009-10-10T16:57:37+02:00tag:www.zoulstory.com,2009-10-10:/blog/366zoulCette année, à Montréal, pour préparer ses 10 ans, le forum social s’est
mis dans de beaux draps, au sens propre, comme au figuré. Est-ce la peur
qui a dirigé ces mauvais choix ? Ou bien est-ce cela que nous entendons
par « Un autre monde est possible » qu’on ne cesse de répéter, tel un
mantra, pour ne plus avoir à travailler pour le construire ? Peut-être
avons-nous simplement cessé d’y croire ? Sommes-nous satisfaits du salaire
de nos peines ?<p>Cette année, à Montréal, pour préparer ses 10 ans, le forum social s’est
mis dans de beaux draps, au sens propre, comme au figuré. Est-ce la peur
qui a dirigé ces mauvais choix ? Ou bien est-ce cela que nous entendons
par « Un autre monde est possible » qu’on ne cesse de répéter, tel un
mantra, pour ne plus avoir à travailler pour le construire ? Peut-être
avons-nous simplement cessé d’y croire ? Sommes-nous satisfaits du salaire
de nos peines ?</p> <p>En tout cas, qui comprend cette visite au vieux maire libéral de droite de
Montréal ?
Qui accepte, ou se réjouit des draps bien blancs de l’hôtel Omni – Mont
Royal ?</p>
<p>Ceux qui nous accueillent, Alternatives Canada, fort sympathiques au
demeurant, confessent n’avoir pas trouvé de « meilleur deal » pour
accueillir les 100 délégués internationaux qui composent le « Conseil
International », que cet énorme hôtel standard, au cœur du quartier des
affaires de Montréal. Ils valaient bien ça, ceux qui se définissent
eux-mêmes comme la « crème » de l’altermondialisme. Oh Georges Le
Gloupier, pardon, viens nous sauver !</p>
<p>Dans un salon mitoyen, l’église raëlienne tient sa partouze mensuelle.
Raël himself est présent, entouré de belles plantes sorties tout droit
d’un mauvais film de science fiction. A l’étage, plus discret, on pourrait
bien croiser un obscur lobby de l’industrie automobile en train de tenir
session : le « Bureau de la sécurité des transports du Canada » pourrait
penser qu’un autre système de transport public est possible : il
s’imposerait à nous, et y’aurait pas de débats. Mais je vois le mal
partout : après quelques recherches, ce bureau est un organisme
indépendant créé par une loi du Parlement du Canada, dont la mission
consiste essentiellement à promouvoir la sécurité du transport. On a de la
chance.</p>
<p>En revanche, à qui appartient donc ce bel hôtel, jeunes gens ? Son patron
est un bon ami de Georges Bush, un magnat du pétrole, de l’immobilier, qui
fait aussi du fric dans l’hôtellerie, du Canada jusqu’au Mexique. Il doit
être amusé de nous accueillir ici. Tout cela fait moins rire Alain : c’est
dans ce quartier, notamment, qu’il a subi de nombreux et interminables
interrogatoires hors-cour dans le cadre de la procédure contre Noir Canada
initié par Barrick Gold, la première multinationale de l’or.</p>
<p>Personne ne nous fera croire qu’il n’existe pas, à Montréal, un autre
Canada, plus sympathique et alternatif, où l’on aurait pu valablement se
retrouver ? Des projets sympas pour nous servir autre chose que des
brownies OGM. Des étudiants, ou des militants pour nous accueillir chez
eux. Qui décide quoi ? D’où vient l’argent ? Quelle éthique dans tout cela
? La transparence, est-ce seulement de lâcher un chiffre : 100.000 Dollars
pour organiser cette rencontre ?</p>
<p>« Comment s’assurer que chacun de ces multiples processus nationaux et
thématiques participe de façon plus réelle et tangible au « grand
processus » pour que les acquis des uns puissent aussi bénéficier aux
autres ? ». (Extrait de la brochure de présentation de la « semaine des
forums sociaux ».) Sic ! Notre petite jet-set altermondialiste, de forums
en forums, entre aéroports internationaux et hôtels 4 étoiles, ne se
préoccupent donc elle que de cela ?!!</p>
<p>Qu’on lui fasse remarquer l’incohérence, ressentie et partagée, par tant
de « participants » à se retrouver dans ce putain d’hôtel, et l’on passe
presque aussitôt pour un fou, ou au mieux, un frustré impatient…</p>
<p>Lorsque, soutenu par la commission communication, au sein de laquelle
j’avais réussi à ouvrir ce débat, j’ai pu porter ce message à tout le
conseil international, la réaction fût pour le moins étonnante : Bernard
Cassen, courageux, pour toute réponse rétorqua qu’on oubliait quelque
chose d’essentiel : « Le mouvement altermondialiste évolue dans un
contexte médiatique farouchement hostile aux idées développées dans les
forums sociaux. » Je dirais même plus, la grande majorité des médias
appartiennent aux marchands de canon : on sait cela depuis trop longtemps,
Bernard !</p>
<p>Tu finis en disant : « Ou alors je n’ai rien compris à ce que vous avez
voulu dire ? »
Parfaitement ! Là, nous sommes enfin tombés d’accord.</p>
<p>Rien n’est perdu Bernard - permets que je te tutoie, camarades, depuis le
temps que je te vois - le Forum Social Mondial aura lieu en janvier 2011 à
Dakar, organisé par tes amis du Forum Social Africain, Taoufik, Aminata et
les autres. D’ici là, vous pourrez essayer de comprendre ce que nous avons
essayé, maladroitement sans doute, de formuler. De notre côté, on ne se
limitera pas à faire contrepoids, ou à combler vos incompétences et votre
manque d’imagination, afin de préserver un tant soi peu le « processus »,
mais nous participerons activement, ici et là, dès que cela sera possible
à la construction d’un autre monde possible, plus démocratique, plus
populaire, moins opaque, moins coquin, et surtout moins soumis à votre loi
du fric…</p>
<p>Zoul</p>[Zoulstory.com] « Stranded » à Charles de Gaulle, le British !2009-10-07T18:35:09+02:00tag:www.zoulstory.com,2009-10-07:/blog/365zoulIl enlève avec nonchalance ses chaussettes, d'abord un pied, puis l'autre,
qu'il vaporise d'un mauvais parfum. C'est vrai qu'il commence à puer
sérieusement. C'est sans doute ce qui explique que personne n'occupe les
quelques sièges restés libres, en cette heure de grande affluence à
l'aéroport international Roissy Charles de Gaulle. Il ne se gêne pas pour
le faire : personne ne le regarde, personne ne le voit.<p>Il enlève avec nonchalance ses chaussettes, d'abord un pied, puis l'autre,
qu'il vaporise d'un mauvais parfum. C'est vrai qu'il commence à puer
sérieusement. C'est sans doute ce qui explique que personne n'occupe les
quelques sièges restés libres, en cette heure de grande affluence à
l'aéroport international Roissy Charles de Gaulle. Il ne se gêne pas pour
le faire : personne ne le regarde, personne ne le voit.</p> <p>Je lui demande si ça va :
- Ça va !
- Tu voyages ?
- Je suis là.
- Tu vas ou ?
- Je suis là.
- Tu viens d'où ?
- Ça n'a pas d'importance, ce qui compte, c'est où je vais.
- Et tu vas où alors ?
- Quelqu'un doit me dire. J'attends quelqu'un qui va me dire.</p>
<p>Mon british a bien ce petit accent anglais, mais la couleur de sa peau –
et sa situation - le trahisse. Ce british là vient d'Afrique. Il se donne
une apparence, se lève de temps en temps, et se promène avec ses bagages
dans les allers bondés du terminal 2A.</p>
<p>Aujourd'hui, il n'est pas nécessaire de se mettre totalement à nu pour
voyager. A Londres, il faut quand même enlever ses chaussures. On a aussi
le droit, un peu partout, à des palpations assez complètes. Cette grande
famille arabe devant moi, grand-mère, enfants, cousins, met bien longtemps
avant de se défaire de tous leurs effets : on sent bien qu'il ne leur est
pas facile de subir ce viol de leur intimité. Pourtant, nous obéissons,
tous. Un élément de la fabrique de l'obéissance.
On peut se consoler en regardant les soldats vigipirates, qui patrouillent
partout, mitraillette au dos, affublés d'une étrange feuille de salade
qui leur recouvre la tête. Pathétique.</p>
<p>Dans l'avion, dans le plateau repas, un petit papier retient mon
attention. « Change for good ».
L'UNICEF, dans la suite de l'élection d'Obama et de son « Yes, we can »,
propose le « changement pour de bon ». De quoi s'agit-il ? Donner quelques
euros pour nourrir des petits africains, ou les envoyer à l'école.
Révolutionnaire. Radicale. Enthousiasmant. Presque autant que tous les
emballages plastiques et cartonnés, dont on m'assure qu'ils sont bien tous
issus du « développement durable », recyclé. Le monde tremble, le
changement pour de bon !</p>
<p>Alain Deneault habite un quartier huppé, près du centre-ville de Montréal,
où de nombreux français sont installés depuis les années 80. Son immeuble
semble sortir tout droit de La Nouvelle Orléans, juste après le passage de
Katrina. Il fait un peu tâche, au milieu des belles masures qui
l'entourent. Au dedans, c'est plus sympa : plein de bouquins de
philosophie, évidemment. Mais aussi une série soigneusement alignée sur
une table. Tous abordent la question de la criminalité financière, en col
blanc. C'est ici que se prépare ses ouvrages, dont le dernier sur les
paradis fiscaux et judiciaires, à sortir au printemps. Ou encore le Noir
Canada 2, en anglais, qui reprend et synthétise les données de fond de
Noir Canada.</p>
<p>Pas d'internet, ni de téléphone. « Pour ne pas être soumis à la
tentation ». Rien d'autre que le minimum vital. Sa vie « collective »
s'organise à quelques rues de là, au local du Collectif Ressources
d'Afrique, que je n'ai pas encore visité. Si les patrons de Barrick Gold,
et de Banro voyaient la façon dont vit Alain, je pense qu'ils retireraient
leurs plaintes. La rumeur parle d'une tenue du procès en 2012. Ça leur
laisse un peu de temps pour respirer. Delphine et William, les deux autres
auteurs sont à l'étranger. Alain lui, entre deux bouquins, donne des cours
à l'université sur la lutte des classes, par exemple. Aujourd'hui, il
intervient à HEC Montréal, où il se voit parfois répondre que la part du
commerce canadien avec le continent africain est mineur, et que son
ouvrage n'a donc pas vraiment de portée, n'est pas signifiant.</p>
<p>Au Canada aussi, la critique glisse sans trouver de prises. Il me dit que
l'université va maintenant passer sous le contrôle d'un Conseil
d'administration composé au deux tiers de représentants de grands groupes
privés, de multinationales... à n'en pas douter, HSBC, cette grande banque
dont la publicité est partout dans les corridors que nous parcourons à
chaque aéroport international, sera de la partie.</p>
<p>Un exemple de l'impact que cela a sur le monde universitaire. Sur la
Guinée, Bonnie Campbell, responsable d'une chaire de recherche sur la
gouvernance et l’aide au développement ne trouve rien d'autres à dire dans
la presse canadienne : «<a href="...">...</a> son gouvernement manque de transparence. ».
«La présence étrangère fait que tout le monde participe à ce système de
gouvernance peu transparent, rappelle Mme Campbell. C'est une logique de
reproduction du pouvoir dans laquelle les affaires trouvent leur place.»
(1)</p>
<p>Personne n'a pensé à demander à Alain ce qu'il savait du rôle des
entreprises minières canadiennes en Guinée. Et pourtant, il a sans doute
des choses à dire. Mais qui veut l'entendre ?</p>
<p>Survie conclue son communiqué sur la Guinée ainsi :</p>
<p>« Préoccupée par le symbole que l’impunité en Guinée après de telles
exactions pourrait véhiculer dans le reste de l’Afrique, dans un contexte
de régression des mouvements de transition démocratique amorcés dans les
années 90, l’association Survie appelle à un mouvement de solidarité et de
dialogue avec toute les sociétés civiles confrontées à la perpétuation ou
au retour de régimes autoritaires au Gabon, au Congo, au Togo, en
Mauritanie et au Niger. » (2)</p>
<p>Ici, j'essaye de suivre les travaux du Conseil International du Forum
Social Mondial, un poil ennuyeux. Heureusement, une afro-américaine nous
réveille : elle nous invite en Juin à Detroit, Michigan, USA, aux côtés de
General Motor, de Ford, et d'autres multinationales de l'automobile, pour
un forum qui nous permettra de découvrir le meilleur exemple
d'effondrement complet du capitalisme. Elle nous promet une absence
d'électricité, d'eau, d'infrastructures, des pauvres SDF dans la rue
etc... Welcome to America !</p>
<p>Pour le reste, j'en dirais plus par la suite, mais ça fait vraiment
plaisir de retrouver de nombreux amis, canadiens, comme africains : j'ai
déjà eu deux grandes discussions passionnantes avec Aminata Barry, et
Moussa Tchangari ce matin...</p>
<p>Zoul</p>
<p>1 - La Guinée compte ses morts -
http://www.cyberpresse.ca/international/afrique/200910/06/01-908780-la-guinee-compte-ses-morts.php
2 - Communiqué de Survie : Guinée - 2006, 2007, 2009 : les massacres se
succèdent, l’impunité demeure -
http://survie.org/francafrique/guinee-conakry/article/guinee-2006-2007-2009-les</p>[Zoulstory.com] En résumé : Togo, France, Canada, Togo, Bénin, Burkina Faso, Ghana... Pas le temps de s'ennuyer...2009-09-23T16:00:00+02:00tag:www.zoulstory.com,2009-09-23:/blog/364zoulLe temps passe à une vitesse incroyable, et il me devient difficile de trouver le temps pour écrire un message sur cette liste.
Rapidement, je me décide donc à donner quelques nouvelles...
L'étrange rencontre s'est très bien passé à Lomé !
Vous pouvez en lire le compte-rendu et la déclaration finale sur le site1. Je vous recommande aussi de visionner le clip réalisé lors de son séjour au Togo par Zalem, rappeur de Rennes, et membre de l'association Survie, avec le collectif togolais Afein Clan : « Même crise, même combat ! »2 Rendez-vous est pris pour l'été 2010 en Guinée Conakry...<p>Le temps passe à une vitesse incroyable, et il me devient difficile de trouver le temps pour écrire un message sur cette liste.
Rapidement, je me décide donc à donner quelques nouvelles...</p>
<p>L'étrange rencontre s'est très bien passé à Lomé !
Vous pouvez en lire le compte-rendu et la déclaration finale sur le site1. Je vous recommande aussi de visionner le clip réalisé lors de son séjour au Togo par Zalem, rappeur de Rennes, et membre de l'association Survie, avec le collectif togolais Afein Clan : « Même crise, même combat ! »2 Rendez-vous est pris pour l'été 2010 en Guinée Conakry...</p> <p>Ensuite, début septembre, j'ai passé une semaine dans un petit village du Togo, Kpélé Tsiko, où se déroulait la 6ème semaine de la biodiversité culturelle, qui n'est autre qu'un grand rassemblement d'un réseau d'ONG pour la protection de l'environnement Jeunes Volontaires pour l'Environnement3 (JVE), animée avec talent par mon ami Sena Alouka...</p>
<p>En dehors des ballades dans les environs du village, le grand plaisir de ces quelques jours, c'était surtout la chance de pouvoir rencontrer et discuter avec des jeunes venus des 4 coins du Togo, mais aussi du Bénin, de la Côte d'Ivoire et du Nigeria... Chacun avec ses histoires à raconter, ses expériences, ses défis et ses rêves... Il y aurait tellement à dire, et je ne peux le faire ici en quelques lignes, mais retenons simplement leurs engagements pour que l'Afrique ne soit pas encore une fois trompée et écrasée dans les négociations autour de la lutte contre les changements climatiques...</p>
<p>De retour à Paris, le 9 septembre, les choses se sont enchainées à une vitesse incroyable, à tel point que j'ai parfois pas l'impression de toucher terre : tenue du stand Survie à la fête de l'humanité4, un événement populaire et militant qui regroupe des centaines de milliers de personnes, sur 3 jours, et cela depuis de nombreuses années... Organisé par le Parti Communiste, en soutien au journal l'Humanité, cette fête a réunie cette année un monde incroyable, même si le caractère militant se dilue d'année en année dans la bière, et que le côté festif l'emporte désormais sur le côté débats et luttes depuis bien longtemps...</p>
<p>Les jours suivants sont vite passés : entre réunions avec Survie5, dont le nouveau site web vient d'être lancé, journée de formation sur le Tourisme Solidaire6, réunions avec tel ou tel collectifs, réunion du réseau Europe d'ATTAC, etc etc... Le week-end dernier, j'assistais enfin au Conseil d'Administration de Survie, et à une journée consacrée aux « résistances africaines »... Beaucoup à dire là encore, mais le temps me manque...</p>
<p>Les jours suivants vont me voir passer par le Sud de la France, dans un petit village près de Toulouse, où je vais assister à un rassemblement de jeunes paysans de toute l'Europe7, à l'invitation de Via Campesina... Ensuite, à partir du 6 octobre, direction Montréal, je traverse l'océan Atlantique pour participer à plusieurs événements : Conseil International du Forum Social Mondial8 (dans la perspective du Forum Social Mondial de Dakar en Janvier 2011), où je défendrais la candidature du réseau étrange rencontre à ce conseil, ensuite je participerais comme bénévole au Forum Social Québecois9, et enfin aux journées Alternatives Internationales10... Ces trois événements seront aussi une occasion de soutenir notre ami Alain Deneault, dont les procès11 contre son ouvrage « Noir Canada : pillage, corruption et criminalité en Afrique » n'en finissent plus d'être repoussés !</p>
<p>A la fin octobre, rendez-vous à Cotonou puis Lomé, pour la réunion du réseau CADTM Afrique12, puis le grand forum thématique contre la dette... De là, direction Ouagadougou, pour la 3ème édition du Festival pour la Liberté d'Expression et de Presse13 (FILEP), et la visite de la ferme pilote de Guiè14... Je redescends ensuite par le Ghana, direction Kpévé, pour renforcer mes liens avec la communauté dans laquelle je lance un projet de tourisme solidaire...</p>
<p>J'essayerai de vous raconter un peu tout ça au fur et à mesure si le temps me le permet...
Une fois posée au Ghana, vers la mi-novembre, je devrais récupérer ma vie, et un rythme plus normal...</p>
<p>Bon courage à tous, et d'ici là portez-vous bien, et n'hésitez pas à donner des nouvelles...</p>
<p>Zoul</p>
<p>1 http://etrangerencontre.org/</p>
<p>2 http://www.dailymotion.com/video/xaef06_afein-clan-feat-zalem-meme-combat_music</p>
<p>3 http://www.ong-jve.org/</p>
<p>4 http://www.humanite.fr/fete.html</p>
<p>5 http://survie.org/</p>
<p>6 http://www.spetourism.com/</p>
<p>7 http://reclaimthefields.org/fr/</p>
<p>8 http://www.forumsocialmundial.org.br/</p>
<p>9 http://forumsocialquebecois.org/fr</p>
<p>10 http://www.alternatives.ca/article4991.html</p>
<p>11 http://slapp.ecosociete.org/</p>
<p>12 http://www.cadtm.org/9eme-Seminaire-international-du</p>
<p>13http://www.filep.org</p>
<p>14http://www.azn-guie-burkina.org/</p>Je vais voir ailleurs si j'y suis. Fermeture de Zoulstory.com/blog2009-03-18T04:26:56+01:00tag:www.zoulstory.com,2009-03-18:/blog/363zoulCe bordel a assez duré. Pour avoir de mes nouvelles, il faudra désormais marcher un peu.... <p>Ce bordel a assez duré. Pour avoir de mes nouvelles, il faudra désormais marcher un peu.</p>
<p><a href="http://www.zoulstory.com/enmarche/"><img src="/blog/ecrire/enmarche.png" alt="" /></a></p>Nuages2008-12-19T14:45:43+01:00tag:www.zoulstory.com,2008-12-19:/blog/362zoul... <a href="http://www.wordle.net/gallery/wrdl/398493/zoulstory.com"
title="Wordle: zoulstory.com"><img
src="http://www.wordle.net/thumb/wrdl/398493/zoulstory.com"
style="padding:4px;border:0px solid #ddd"></a>
<p><img src="/blog/ecrire/zoulstory-2009.gif" alt="" /></p>Rêves de poussières2008-12-11T20:16:38+01:00tag:www.zoulstory.com,2008-12-11:/blog/359zoul
Superbe film sur une communauté d'orpailleurs artisanaux au nord du Burkina Faso.<p><img src="http://image.evene.fr/img/galerie/5-4386-G17607.jpg" alt="" /></p>
<p>Superbe film sur une communauté d'orpailleurs artisanaux au nord du Burkina Faso.</p> <p><img src="http://image.evene.fr/img/fiche/g/4386.jpg" alt="" /></p>
<p>Je vous le recommande si vous avez l'occasion de le voir.</p>
<p>Il s'agit d'une fiction, mais qui s'approche du documentaire tant le réalisateur colle à la réalité, avec de nombreux acteurs qui sont en réalité des orpailleurs dans la vie;</p>
<p>Aujourd'hui, deux multinationales canadiennes et sud-africaines se partagent le gateau et vont mettre le paquet pour extraire les ressources aurifères, avec les conséquences catastrophiques que l'on peut imaginer...</p>
<p>En savoir plus sur le projet Essakane :</p>
<p><a href="http://www.lefaso.net/spip.php?article23956">La société canadienne Orezone verse 200 millions de dollars pour une participation dans la mine d’or d’Essakane</a></p>
<p><a href="http://www.voiceinthedesert.org.uk/keith/stuff/essakane.html*">http://www.voiceinthedesert.org.uk/keith/stuff/essakane.html</a></p>
<p>Voir aussi (côté résistances):</p>
<p><a href="http://orez.kofele.org/">Organisation des Ressortissants à l’Etranger des Zones minières</a></p>