From zoul at no-log.org Tue Aug 11 00:58:43 2009 From: zoul at no-log.org (Zoul) Date: Tue Aug 11 00:59:35 2009 Subject: [Zoulstory.com] En direct de =?iso-8859-1?q?Lom=E9_-_Bilan_de_l=27ann=E9e_et_per?= =?iso-8859-1?q?spectives=2E=2E=2E_-_=E0_une_s?= emaine de =?iso-8859-1?q?l=27=E9trange_rencontre_3?= Message-ID: <25752.BgsECg5QWX8=.1249945123.squirrel@webmail.no-log.org> ça va mal. Zoul parle de lui même à la troisième personne. Il a bien voulu s'accorder une interview exclusive. Lisez-plutôt ! Par où commencer ? Je suis actuellement à Lomé, où va se dérouler la semaine prochaine la troisième édition d'une rencontre de la jeunesse Europe-Afrique-Amérique, dénommée étrange rencontre, et que j'ai contribué à faire vivre depuis 3 ans maintenant. Je suis fier et ravi de voir que les togolais se sont organisés seuls pour accueillir et organiser cet espace, et de voir aussi la motivation de nombreux jeunes dans de nombreux pays pour organiser et prendre en charge par eux-mêmes leurs déplacements. Il y a bien sûr la volonté de s'amuser, de prendre du bon temps et un peu de vacances, mais tout de même, l'échange, par delà nos différences, sur les thématiques de lutte, autour de nos expériences propres, sur une tonalité plutôt radicale, ça devrait être sympa... On a pas un copec, rien n'est vraiment prêt, mais on a la hargne, Lomé a faim, et c'est bien le principal... Solidarité ! Mais je suis à Lomé depuis plus d'un mois ! Depuis 6 ans que je voyage entre l'Europe et l'Afrique, les propositions aux amis et à la famille de faire le grand saut et de visiter le continent africain auront été nombreuses, mais rarement suivi d'effets. Cette fois-ci, c'est une partie de ma famille qui s'est lancé, et pas des moindres : début juillet, ma maman Lulu, mon beau-père Jean-Marc, mon petit frère Antoine qui a 13 ans ont donc débarqué pour un mois de découverte du Togo, avec une semaine bonus express pour visiter un peu le Ghana. Bilan : Kpalimé et ses montagnes. Kara en période d'Evala, les luttes traditionelles qui se déroulent chaque année au nord du Togo. Kemerida et la nuit au village. Kouvé, enfin, le village d'Enyonam, ma femme, où nous avons si l'on peut dire "célébrer" les 15 ans de la mort de son père, autour d'une cérémonie traditionnelle et d'une petite fiesta. Lomé bien sûr, où la fraiche et accueillante maison de l'oncle Germain contraste avec les chaudes journées à la plage... Repos et confort entre deux séjours à l'intérieur du pays... Tout s'est très bien passé, personne n'a été malade, la voiture a tenu le coup et on a corrompu les douaniers, comme d'hab... Je me demande simplement maintenant qui sera le prochain ? Papa et la familia ? Mon frangin Thomas et sa petite famille ? Des oncles et tantes ? Des cousins ? Les paris sont ouverts... Vous êtes tous attendus... Le Ghana chaleureux comme l'Afrique, nous a séduit, et continuera à nous séduire... J'ai passé sans doute plus de deux ans en tout au Togo, et pas loin de 4 ans dans la sous-région, sans jamais mettre les pieds au Ghana. Chaque chose en son temps, et c'est finalement seulement maintenant que je me suis lancé dans cette partie du continent. Avec la familia. Et alors aucun regret ! L'accueil a été génial. L'occasion d'éprouver le "nouveau" véhicule que je venais d'acheter au port de Lomé : un gros Ford Transit de 1994, 8 places, où nous avons tous pris place, avec en guest star, Gagné, 18 ans, petit frère d'Enyo qui quittait Lomé pour la première fois de sa vie. Passé Accra que nous avons simplement traversé, nous avons fait une pause chez les marins-pêcheurs de Wenniba, avant de continuer sur Cape Coast, ses forts et son chateau aux esclaves. Ensuite, direction le nord, les routes pourries, et les parcs nationaux (Kakum National Park, où nous n'avons vu aucun animal remarquable, à part les piafs...), puis l'est, Koforidua, Asamankese, et enfin la région de Ho, collines et montagnes, climat plus humide, au bord du plus grand lac artificiel d'Afrique - projet de Kwamé N'Krumah - sur la Volta River. Et la France alors ? Tout le monde sait - je crois - que ça fait un moment que je projette - que nous projettons - de nous installer en Afrique plus sérieusement. Mon coeur me poussait plutôt du côté du Togo, mais la situation politique est tout de même toujours aussi pourrie, ne parlons même pas de la situation économique et sociale. J'ai pensé au Ghana un temps, mais l'anglais semblait peut-être un obstacle. Ce court séjour m'a confirmé que ça pourrait aller. Finalement, avec Enyonam, nous sommes en train de voir comment nous organiser pour vivre entre ici et là-bas, à cheval sur la frontière, à cheval entre l'urbanité paisible de Lomé, et la ruralité frénétiquement touristique du côté ghanéen. Merde, j'avais dit que je parlais de la France. Nous rentrons à Paris le 8 septembre, pour dire au revoir aux uns et aux autres, essayer de toucher le chômage, qu'Enyo soutienne son mémoire de Master, pour un dernier CA de Survie, mais aussi pour faire la fête, et notamment pour participer à la fête de l'humanité. Chomage ? ça veut dire que t'as plus de boulot ? Pour ceux qui n'ont rien suivi, je bossais depuis mai dernier dans une petite ONG basé à Paris, mais avec le coeur en Afrique. Inter-réseaux qu'elle s'appelait. Inter-réseaux Développement Rural. Ma mission tournait autour de l'usage des nouvelles technologies pour les échanges d'informations en réseaux justement. J'ai fait cela de mon mieux pendant un an, au sein d'une équipe sympathique et compétente, dévouée et agréable à qui je laisse un nouveau site web. Malgré tout cela, le quotidien d'un bureau parisien n'était pas vraiment fait pour moi. D'autant plus que nous parlions et travaillions toute la journée autour du monde rural africain, et que c'était dur de prendre le métro chaque soir, en pensant à la chaleur des paysans du Niger, du Sénégal ou du Mali, alors que j'avais passé toute la journée le cul posé sur ma chaise, en face d'un putain d'ordinateur on ne peut plus abrutissant... Et Survie ? J'ai donc consacré énormément de temps aux activités associatives, en lien avec l'Afrique, au cours de cette année à Paris. Principalement au sein de Survie bien sûr, en intégrant le conseil d'administration, ce qui m'aura permis de mieux comprendre le fonctionnement de cette asso indispensable, mais aussi et surtout en continuant pour la quatrième année consécutive mon engagement au sein de Survie Paris Ile de France, avec des centaines de soirées organisées, et une super équipe de militants renouvelés, une émission de radio régulière sur FPP, une radio libre de Paris, les jeudis africains, et avec de nombreux collectifs divers et variés etc etc... J'ai quitté Paris tout de même un peu amer, ayant présenté depuis 2 ans et à 3 reprises ma candidature à des postes salariés au sein de l'association Survie, comme permanent. Ayant atteint certaines limites dans mon engagement bénévole, j'aurai aimé, pour quelques années, essayer de mettre mes compétences et mon dynamisme au service d'une noble cause, de l'intérieur, au coeur de l'action, avec une liberté d'action, et plus de temps disponible, chose que je ne pouvais faire en ayant un travail à côté. Mes candidatures n'auront pas reçu l'attention que je pensais qu'elles pouvaient mériter. Mais c'est aussi cela l'engagement militant, et j'ai été tout de même très ravi d'apprendre que c'était mon ami Danyel, qui revenait d'une longue période au Niger qui a finalement été embauché. Survie et son combat continuent, je m'éloigne un peu du siège, et m'aventure sur d'autres combats, d'autres alliances, qui croiseront toujours les idéaux portés par l'association et ses membres. Avant de retrouver Survie un autre jour plus favorable, qui sait ? Et maintenant alors ? Enyo doit avoir son diplome, en septembre en France, et nous reviendrons dès octobre nous installer à Lomé - avoir notre propre maison - et monter à Lomé une petite structure type ONG dans le domaine de la communication pour le développement. Avec mes compétences techniques et le talent d'Enyo dans les relations publiques, cela pourrait bien marcher, à condition d'être patient bien sûr... En parallèle, du côté du Ghana, nous allons explorer les possibilités de mettre en place un petit coin de paradis, où venir se reposer, faire pousser ses légumes, et acueillir amis et militants, et pourquoi pas touristes en quête de repos et de sens, dans un lieu coupé du monde, où l'on pourra se réconcilier avec le monde et la nature, en attendant de retourner l'affronter dans le combat quotidien qu'est la vie. Et la politique ? Walai, j'ai presque pas mis de politique dedans. C'est rare non ? Ah oui, j'oubliais, ça faisait longtemps que j'avais envie de donner des nouvelles, mais j'avais Internet en ADSL à la maison (chez un voisin, avec le wifi..) mais cet abruti a changé d'avis, et il va me couper demain matin, alors j'ai profité pour vous écrire rapidement. J'avais préparé des photos, je les mettrais ptet un jour en ligne. Je vous lirai donc dans un cyber au cours des prochains jours, mais ne vous attendez pas trop à des réponses rapides... Je préfère tout de même nager à la piscine, lire et bronzer au soleil que d'aller m'enfermer et suer dans les cybers poussiéreux et mal ventilés de Lomé... Ne renoncez pas à vos rêves et luttez, ça rend heureux, il paraît... A très bientôt, portez-vous bien. Zoul - Lomé - Août 2009 zoul@no-log.org http://www.zoulstory.com