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Argentine : 24 Juin au 24 Juillet 2002

23/06/2002 : Argentina !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
24/06/2002 : Réalite d'un pays en crise : la nuit a Buenos Aires...
26/06/2002 : Un petit mail pour rassurer..
26/06/2002 : Crise en Argentine
27/06/2002 : Histoire de sous
01/07/2002 : Souvenez vous, c'était il y a 4 mois...
01/07/2002 : Premiere semaine en Argentine.. Et dimanche extra..
05/07/2002 : Une autre semaine à Buenos Aires
08/07/2002 : Week end
10/07/2002 : Le jour et la nuit
14/07/2002 : De retour sur les routes...
15/07/2002 : Argentine, Brazil, Paraguay
19/07/2002 : Suite Road Trip Argentin
24/07/2002 : Ce dimanche, j'ai rencontré Jésus


23/06/2002 : Argentina !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ca y est !

8 degres dehors malgre un superbe soleil..

Un vol qui s'eternise, une journee qui s'allonge..
Et enfin, l'atterissage, apres des paysages superbes, la cordillere des andes
etc..

Sortie de l'aeroport, revoila un pays qui me plait...
Le beau temps, c'est dimanche apres midi, le long de l'autoroute qui mene a la
ville, on voit des familles qui pique-niquent, jouent au foot, ou lancent des
cerfs volants.

En s'approchant c'est les barres HLM, ca faisait un moment que je n'en avais
pas vu..

Plus on entre dans la ville, plus on voit les traces des evenements de decembre
et notemment des slogans : Cavallo = Menem, Abajo de FMI, etc etc...

Ensuite des maisons rouges basses a deux etages et parfois des bidonvilles, non
sans charmes. Les gamins se reunissent a chaque coin d'herbe pour taper le
ballon.

Toutes les filles sont splendides, et surtout la receptionniste de mon hotel..
A qui je propose un concert ce soir, mais elle travaille helas.

Pas d'atmosphere policiere pour l'instant, pas d'insecurite non plus. Je sors
ce soir, je vous en dis plus demain !

Je suis si heureux d'etre la, y'a meme pas de mot pour l'exprimer..



24/06/2002 : Réalite d'un pays en crise : la nuit a Buenos Aires...

Finie l'impression de calme et de serenite de la journee..

Il suffit de sortir le soir dans les rues de Buenos Aires pour se rendre compte
que l'on est bien dans un pays en crise, et plus generalement, dans une des
grandes villes d'Amerique Latine..

Le mauvais d'abord :
Cela saute aux yeux, et pas besoin d'aller loin, sur l'Avenida Entre Rios, une
artere majeure que je longe vers 21.00 pour me rendre au concert de "Jaime
Sin Tierra", un groupe pop assez reconnu ici, je decouvre la triste realite
d'un pays ou 14 millions de pauvres se partagent les miettes que veulent bien
leur laisser les dirigeants corrompus qui eux se partagent les fonds du FMI.

Tous les 10 metres, une poubelle. Toutes les deux poubelles, ce sont deux
enfants, une mere et son petit, un couple de jeunes, un couple de vieux, et
aussi beaucoup de gens seuls, qui fouillent ces poubelles, afin d'en sortir le
peu de nourriture qui leur permettront de survivre peut etre encore quelques
jours...

Devant les boutiques, dans les cages d'escalier, on cherche un endroit ou
passer la nuit. Certains semblent installer, avoir leur coin. Tandis que
d'autres, la peur dans les yeux, errent pour trouver un peu de chaleur.
Baucoup d'entre eux aussi dorment dans la voiture.

Il faisait 8 degres dans la journee. Il gele presque quand vient la nuit en ce
debut d'hiver. Combien de personnes mourront dans l'anonymat cet hiver en
Argentine? Que penser du sacrifice de 40% d'une population? (l'Argentine compte
37 millions d'habitants)
Ce systeme liberal outrancier, organise par une classe dirigeante corrompue, un
FMI complice, et des organisations internationales impuissantes, me revolte.
J'ai du mal a exprimer ma rage, mais je veux continuer.

Je trace ma route, croise des caddies pousses par des groupes d'enfants. Comme
au Chili, comme au Mexique, comme partout en Amerique Latine, les petits
boulots aident a survivre. Ceux la ramassent les canettes, les cartons et les
revendent a je ne sais qui...

A chaque commerce, chaque banque, chaque lieu d'interet : un garde. Arme. Dans
le froid. J'en surprends quelques uns a boire. Pas besoin de beaucoup
d'imagination pour deviner ce que peut donner une attaque d'une de ces places
fortes.

Toujours sur la meme avenue, des affiches attirent mon regard.
Raul Nicolas Gomez est dans la rue, devant l'equivalent d'un conseil regional
francais, depuis le 9 septembre 2000. Il resiste. Prof de francais agrege, il
se rend compte qu'une partie de ses collegues detournent les fonds des
cantines destines aux gamins. Le gouvernement lui propose d'acheter son silence
contre un bon poste dans l'administration. Avec dignite et coherence, il refuse
d'integrer ce systeme qu'il denonce.

Je parle avec lui un bon moment. Il insiste bien sur la corruption de tout le
systeme. Quand je lui demande l'impact de son action, il me repond qu'il a vu
des journalistes, qu'il a le soutien de la population. Helas, aucun echo dans
la presse de son pays, musardee. Etouffee. Il n'y a pas de presse independante
ici, me dit il. Tout est entre les mains du gouvernement. Son histoire est
pourtant connu a Cuba, au Mexique. Mais pas ici.. Alors il reste la a attendre
le changement. Il a l'air d'y croire. Moi, j'ai un peu de mal...
Je retournerai le voir ce soir.

Autres lieux, autres resistances, je vois des affiches qui incitent les femmes-
meres a s'organiser. Elles disent : "Organiser des repas collectifs partout,
tout le temps, pour pas que nos enfants meurent de faim". Cette solidarite est
belle. Pas de syndicat, pas d'organisation, juste des meres qui refusent la
misere.

Quand je demande ma route aux passants, on baisse la tete et fonce, je ne
croise pas ou peu de regards. En insistant, et disant que je suis francais, on
veut bien me repondre, mais toujours a distance, toujours fuyant...

Cependant, et c'est aussi pour ca que j'aime ce continent, les gens sont beaux
et souriants. Les femmes surtout sont magnifiques.
Partout dans la rue, l'affiche DIOS ES GRANDE, et la tete de notre Audrey Tatou
nationale, et d'Edouard Baer. Cela me fait sourire de voir sa bouille sur les
murs de Buenos Aires.

Un camion plein de betails traverse la ville dans un fracas assourdissant.
Rappelle que l'on est dans un pays rural.

Avec tout ca, j'oublie de vous parler du concert.
Quand j'arrive, c'est deja complet. J'arrive a m'y glisser sans payer en disant
que je viens de France pour les voir. Une grande et belle salle. Les gens sont
assis. Calme. Le groupe a la Radiohead, joue un morceau calme. A la fin, on
applaudit un peu. Puis un morceau dechaine. Personne ne bouge. A la fin, on
applaudit un peu. Un timide "abajo el peronismo" est lance dans un
coin. Rires.
On continue le concert. Pas un mot entre deux chansons. Ambiance strange.

Fin a 23.00. Je retourne a la rue. Face a la maison du gouvernement, un
attroupement sous des bannieres. Au coin d'un feu, un petit groupe discute. Je
me joins a eux et decouvre que j'ai a faire a des descendants du mouvement
peroniste, une dissidence militaire d'extreme droite. Il suufit de peu de temps
pour saisir leurs idees nationalistes. Je fais un peu de provocation en leur
demandant comment ils se situent par rapport au mouvement zapatiste. Je joue le
neuneu qui n'a pas encore compris. Sa reponse est claire : il y a des problemes
similaires, et des solutions differentes. Avant de me faire casser la gueule et
alors que leur chef, le "general", les engueule car ils ont brules trop de
cagettes, je sers la main a mon interlocuteur privilegie et rentre rapidos a
mon hotel. Il est minuit et demi, il y a encore du monde dans la rue.

A l'hotel, les jeunes etrangers font la fete. Moi je rejoins mon lit. La fete
ce sera pour un autre soir. La j'ai besoin de penser et surtout de dormir.

Lever 10.30. Pleine forme. Super soleil. Super petit dej.
Marriano m'apelle. Il passe me chercher. Super fan de Manu Chao et de la Mano
Negra, on avait echange des mp3 lives. Aujourd'hui, apres deux d'echanges sur
Internet, on va se rencontrer. Au programme almuerzo y despues veremos. Je
parle espagnol enfin et je suis HEUREUX.

Ces premiers moments argentins sont la promesse d'un sejour passionant.
Pourvu que ca dure.

A bientot.



26/06/2002 : Un petit mail pour rassurer..

Apparement, l'info n'est pas encore arrive en France, mais ici ca a un peu pete..
Les piqueteros, desocupados, qui manifeste depuis plus d'un an etaient
particulierement agites aujourd'hui..

2 morts parmis les manifestants, 90 blesses et 160 arrestations..
Une colonne marche en ce moment vers le congres..

Je suis super tente dy aller mais on me deconseille.
Alors je ronge mon frein ici en attendant demain quíl fasse jour.

Je vous tiens au courant et reste tres tres prudent.

Pour ceux qui lisent l'espagnol :
http://www.clarin.com/ultimo_momento/notas/2002/06/26/m-407965.htm



26/06/2002 : Crise en Argentine

Recus plusieurs mails pour me demander un petit resumé des evenements en
Argentine. Je n'ai pas le temps déxpliquer la maintenant car je vais voir, de
mes yeux voir, ce qui se passe, mais je vous file quelques liens pour
comprendre :

LE NAUFRAGE DU « MODÈLE FMI »
Crise totale en Argentine, Janvier 2002
http://www.monde-diplomatique.fr/2002/01/GABETTA/16029


Une depeche sorti en France a 21.26 aujoursd'hui :
Emeutes antigouvernementales en Argentine, deux morts
BUENOS AIRES (Reuters) - Deux Argentins ont été tués et une douzaine d'autres
blessés mercredi près de Buenos Aires lors d'accrochages entre des centaines de

chômeurs et la police.
http://www.liberation.com/page.php?Article=38229

Bon et sinon, en cherchant un peu sur le web, y a plein de ressources..

A demain pour plus de nouvelles..

Sebastian Alzerreca
http://www.zoulstory.com
Desde las montanas de Argentina...

PS AUX PARENTS : please pas d'inquietudes..





27/06/2002 : Histoire de sous
Depuis quelques mois, on me demande souvent comment je m'en sors niveau thunes,
si je suis sponsorise, si je deale, si j'ai gagne au loto ou comment j'ai pu
faire pour partir faire un tour du monde comme ca sans argent.

Histoire de mettre les choses au point, et comme je n'ai rien a cacher voila
toute la verite sur mes petits comptes :

J'avais mis 50 000 francs de cote en bossant un an et
demi en France dans une boite internet.
Un billet a 11 500 Francs avec l'agence Connaisseurs du Voyage.
(Tour du Monde numero 3)
http://www.connaisseursvoyage.fr/
Ensuite le secret, c'est de faire attention et d'economiser un maximum sur tout
ce qu'on peut. Trajet en bus, hotel, bouffe etc.
Juste le necessaire. Toujours chercher les bons plans.
Je peux vous assurer que le voyage n'en est que meilleur, pousse a la
discussion etc..

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Voila a titre d'exemple et d'infos mes depenses des 8 premiers mois de voyages
:

Inde 40 jours
2500 Frf soit 62.5/jour

Nepal 16 jours
2014 Frf dont 1200 frf de depenses diverses (vetements, chaussures, veste
chaude etc)
soit reellement 814 Frf soit 68/jour

Thailande + Cambodge 60 jours
5552 frf soit 92/jour

A noter : du fait de mes rencontres en Thailande, ces depenses ne sont pas
vraiment representatives des depenses du voyageur avec sac a dos "en
condition
normale"..
Meme si on doit s'approcher de cette depense par jour..
Je n'ai quasiment pas eu a payer de logements, ni d'internet.
En revanche, les depenses en extra (wake-board, sorties, fetes, alcool !)ont
etes plus importantes..

Merci Vincent, les bambous d'EDM et toute la cklique thailandaise.

Au Cambodge, la vie n'est pas chere, mais compter le visa 30 US Dollars, les
transports 60 US dollars tout compris, la visite des temples d'Angkor 20/30 US
Dollars.

Merci les Nomades + Monsieur Aun et sa famille.

Singapour 3 jours
5349Frf soit 1783/jour

:o(

J'ai achete un appareil photo !
Mais on peut se loger pour 6 US Dollars a Little India, manger pour presque
rien, et ne pas acheter d'appareil photo !
Je pense qu'avec 100 franc par jour, c'est jouable sinon.
Encore une fois, j'ai ete loge, nourri, blanchi et meme le velo et la piscine,
en echange d'un petit cours d'Internet.

Merci Laure et Guillaume et Therese...

Bali 23 jours
1879Frf soit 81/jour
Bonne idee d'aller a Java, c'est moins cher. A Bali, j'aurai pu vivre moins
cher si je m'etais pas fait un peu arnaquer par un ami-guide.

Je ne remercie pas Kiki.

Australie 38 jours. dont 10 a Sydney et alentours.
5310Frf soit 140/jour

A noter : pas d'achat de voiture car trouver un copain tcheque qui en avait
deja une ! Par contre, elle consommait beaucoup et comme on etait a deux
seulement et que dans le nord, l'essence est plus chere, cela nous a coute
bonbon en petrole !

Sydney >> Gouffre a pognon... Difficile de pas claquer la bas, meme a rien faire argggg...

Merci a Petr.

Nouvelle-Zelande 56 jours
6370 Frf soit 113/jour

1 dollar NZ = 3.3 Frf

achat d'une voiture 550 dollars NZ, vente 600 dollars :o)
assurance 220 dollars NZ, passage en ferry 200 dollars NZ

La, je commemcais a me sentir juste niveau thunes. J'ai decide de travailler.
20 jours de boulot : 1600 dollars soit environ 6000 Francs francais.
+ seul le logement a payer a Auckland. (16 dollars NZ/jour )

Merci a Sebastien de www.frogs-in-nz.com
A Marisa et sa famille, et les amis de NZ...

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Voila si vous envisagez un tour du monde, pensez qu'il sera difficile de
depenser aussi peu. Je dirais que si vous n'etes pas chanceux, ou pas
debrouillard ni a l'affut des bons plans, ni pret a dormir dans la voiture,
cela vous coutera entre 30 et 50 % plus cher.
Ce qui reste raisonnable et abordable.

Bilan Total :
29 000 francs depenses jusqu'ici + 11 500 d'avions
(inclus equipements Nepal + appareil photo Singapour)
100 franc par jour en moyenne pour vivre (tout compris)
soit 36 500 pour un an
+ 11 500 d'avions (on peut faire moins par la route + bateau en fait...)

soit 48 000 frf, franchement vous attendez quoi ?

Sebastian Alzerreca
http://www.zoulstory.com
Desde las montanas de Argentina...

En Argentine, 2000 flics de plus dans les rues, la situation s'est calmee
malgre de grands rassemblements face al Congreso..
Moi, j'oublie la politik, je me consacre a la connaissance du peuple argentin
et en particulier a ses representantes feminines :op..



01/07/2002 : Souvenez vous, c'était il y a 4 mois...

J'etais en Thailande, je faisais un trip moto dans le nordm, et je passais
rendre visite a une certaine sophie dans une ecole dans la montagne..
Vous pouvez d'ailleurs voir les photos ici :
http://www.zoulstory.com/v3/tdmtofs/tripmoto.htm

Si je vous en parle aujourd'hui, c'est que cette ecole grandit, et les besoins
en parrainage vont grandissants.

Je vous garantis que l'argent est super bien utilise, et que vous aidez
vraiment non pas un enfant mais plusieurs et leurs familles en donnant
seulement 21 euros par mois>

Mais je vous laisse plutot lire ca :

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Cher tous,

Ce mail a un caractere un particulier, il n'est pas desinteresse.

Il concerne Om pai, mon ecole, mon lieu de vie depuis maintenant 8 mois, et ses
eleves bien sur.

L'ecole, comme vous le savez sans doute, existe en majeure partie grace a
l'aide d'Enfants du mekong. Elle se traduit par un don d'argent chaque mois :
la somme des parrainages affectes a Om Pai. Cet argent sert a acheter la
nourriture - une centaine d'enfants sont pensionnaires et la totalite des
eleves dejeunent a l'ecole a midi - mais aussi les livres scolaires, les
cahiers et crayons, l'essence du generateur, la voiture, etc.

Il s'avere aujourd'hui que cette somme n'est plus du tout suffisante : l'ecole
grandie d'annee en annee, les bouches a nourrir se font plus nombreuses, les
stocks de cahiers et de craies s'epuisent trop vite. Bref, les besoins sont bel
et bien la, j'en temoigne.

De 60 enfants parraines aujourd'hui a Om Pai, nous avons decide de passer a
100. Ces 100 enfants parraines permettront a 237 enfants (cette annee)
d'etudier et de vivre dans de bonnes conditions. Sans l'existence de cette
ecole (gratuite et qui permet en outre aux eleves habitant loin de venir vivre
a l'ecole ), la plupart de ces enfants travailleraient aux champs avec leurs
parents. Ils n'auraient ni vraie jeunesse, ni choix de vie.

Nous devons donc trouver 40 parrains supplementaires pour Om Pai, et j'ai
naturellement pense a vous. A vous qui me suivez depuis quelques mois deja. A
vous qui connaissez deja un peu ce formidable lieu de vie.

Qu'est-ce qu'un parrainage ?

Dans le cas d'Om Pai, il est donc collectif : chaque parrain a un filleul en
particulier, mais l'argent profite a l'ensemble de l'ecole. Le parrain s'engage
a donner 21 Euros par mois. Il peut arreter son parrainage quand il veut (a la
difference de son telephone portable ! ) s'il se trouve confronte a des
difficultes financieres et qu'il ne peut plus l'assumer.

Le filleul s'engage quant a lui a venir a l'ecole tous les jours (si le filleul
arrete l'ecole, son parrainage est stoppe), et a ecrire quelques lettres par an
a son parrain. Celui-ci, dans la mesure du possible, doit aussi alimenter cette
correspondance. Pour l'avoir vecu de nombreuses fois cette annee, je vous
assure que lorsque l'enfant recoit une lettre de son parrain ou de sa marraine,
il est plus qu'heureux.

Si vous decision est prise, il vous suffit de telephoner au siege d'EDM a
Asnieres (01 47 91 00 84), et de demander la personne qui s'occupe du programme
23-22 Om Pai. Elle vous indiquera la demarche a suivre.

Si par hasard quand vous appelez, les 40 parrains ont deja ete trouves, il y a
beaucoup d'autres besoins partout en Asie, n'hesitez pas !

Certains parmi vous aident deja d'autres associations, ont deja un filleul EDM,
n'ont pas les moyens ou ne sont pas prets pour cette demarche. N'hesitez
surtout pas a en parler quand meme autour de vous.

Voilà, entre le debut et la fin de cette lettre, je me suis moi-meme
convaincue, et j'ai decide de parrainer un enfant a Om Pai. Il en reste 39, a
vous de jouer ! Merci pour eux en tout cas.

Je vous embrasse tous, a tres bientôt pour une troisieme et derniere lettre sur
ma vie Om paienne.

Sophie
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Et rendez vous dans quelques minutes pour vous conter une semaine et surtout un
dimanche extra...




01/07/2002 : Premiere semaine en Argentine.. Et dimanche extra..
Une premiere semaine tranquilos a decouvrir chaque jour, et parfois aussi la
nuit, la grande capitale d'amerique latine.

Je vous avais livre mes premieres impressions, on avait assiste ensemble a un
sursaut de violence.

Le calme semble etre revenu. Cependant, meme si l'on ne peut pas reellement
parle d'"atmosphere policiere", ils sont tout de meme super present, sur leurs
quads vetus de leur deguisement de tortues ninjas.
En tout cas, le peuple ne gronde plus, les flingues des assassins policiers
aussi se sont tus.

D'un point de vue personnel, je m'accappare Buenos Aires, en "collectivo"
(bus), dans le "subte", ce metro parisien bis, en beaucoup plus bruyant et qui
pour l'instant n'a pas souffert de greve de nature a pertuber le trafic(clin
d'oeil aux parisiens en colere...), mais surtout a pied, a travers les petites
rues et les grandes avenues de la ville.

J'aime a me perdre un peu, a tomber sur un parc sympa, a me poser au soleil..
Il faut reconnaitre que le temps fut ensoleille, a part ce samedi ou j'ai dormi
toute la journee apres une nuit a decouvrir la "nightlife" de Buenos Aires.

Rien a voir avec celle dont je vous parlais dans mon mail de crise en Argentine.
La nightlife de Buenos Aires ne connait pas la crise.
Les jeunes thunes et les touristes y vont en taxi, paye bien chere l'entree
dans une boite ou le verre coute le meme prix qu'en France, et ou on se
tremousse sur les memes rythmes technos...

Un peu triste mais il fallait bien voir ca..
J'exagere aussi un peu, ce n'est pas partout comme ca, et on peut avoir du bon
temps bien sur...

Afin de ne pas trop prolonger ce mail, je vous epargne la semaine complete et
vous raconte juste mon dimanche qui fut, on peut le dire assez agreable.

La journee commencait mal avec les cris des footballeux de service, pour qui le
respect du sommeil des autres n'est pas une valeur fondamentale..
Pour moi non plus, en fait, mais hurler comme un boeuf a 7.30 du mat' alors que
la moitie de l'hotel dort, c'est un peu abuse, vous en conviendrez..

Bref, j'avale mon petit dej' rapidos et saute dans un bus direction Recolleta,
un des derniers quartiers de la ville que je ne connais pas.
Il doit s'y tenir un marche artisanal et effectivement, on s'installe
tranquillement. En attendant, mes pas me portent vers le cimetiere, un des
hauts lieux touristiques de ce quartier (sic).
C'est un cimetiere. En travaux. Avec des chats.

Le soleil commence a pointer son nez. Il fait bien froid cependant.
Apres 5 minutes dans le cimetiere, je traverse le marche et entre dans le museo
de bellas artes. Un concert de musique comtenporaine sera donne gratuitement a
11.30. Pourquoi pas? En attendant, je decrouvre l'exposition temporaire sur
l'oeuvre de Borla(t?), un peintre bien sympa qui aime a deformer les corps, et
a peindre des fruits. J'aime bien.

Ensuite, apres un tour rapide de l'expo permanente (ou on trouve de nombreuses
oeuvres des peintres francais), je decrouvre les photos d'Alejandro
quelquechose, un photographe argentin. Tres sympa aussi. Avec un travail sur
les femmes riches de la societe argentine et leur ridicule.

Ensuite, c'est le debut du concert. Un type cause dans le noir pendant 40
minutes de la sensibilite a l'art, d'Agape, de trucs ou je pige pas grand chose
vu que son espagnol est bien rapide et que c'est bien culture et bien
innacessible a quelqu'un de normal. :o))

Vient la musique, bon. Un truc de 82, a partir de bruit de bois qui casse et du
bruit d'une goutte d'eau qui tombe. Et des transformations de ces sons.
Nul. La salle applaudit a tout rompre.
Comme je suis de bonne volonte, j'attends un second morceau. Je supporte 25
minutes de discours sur les 4 elements de la terre, et les rapports avec les
hommes d'un point de vue spirituel. Je m'emmerde a mourrir. Mon voisin dort.
Second morceau.
Des fragments de voix d'hommes, de femmes et de personne humaine. Nul. Je
supporte pas d'attendre plus longtemps et suis le premier a m'echapper, ouf.

Je retourne voir les photos de Alejandro. Toujours aussi bonnes. Et je file car
j'ai faim. J'avale un sandwich au jambon de montagne achete dans la rue, sur le
marche qui a bien pris forme maintenant.

Je suis pas trop marche(je n'ai pas d'accent ici comprendre "marche" e accent
aigu), mais ja flane a la recherche d'un truc sympa. Il fait bon, le soleil
brille.

Un guitariste seul avec ses lunettes noires. Il ressemble a Tapie.
Il joue des airs argentins que je ne connais pas. C'est super beau.
Je reste presque trois heures assis au soleil face a lui a ecouter.
Les riches sortent du cimetiere sans lui preter attention.

Entre nous, pas un mot d'echange. Juste quelques sourires.
On se regarde et se comprend. Moment unique.
En partant je lui lache l'argent qu'il me reste en disant "Muchas gracias".
Me repond "Gracias a usted".

Je continue ma route. Un clown joue de l'accordeon et chante. Tres sympa, mais
il accorde trop d'importance aux sous qu'on lui donne. Il me seduit deja moins.
20 metres plus loin. C'est un couple cette fois, lui joue de la guitare, elle
chante des tangos argentins. C'est super beau, les gens ecoutent, se parlent,
sont emus ensemble. Viennent embrasser la chanteuse. Applaudissent.

L'atmosphere est super bonne. Juste trouble par deux trois bresiliens qui
klaxonnent et hurlent.. La tarde es muy linda, muy hermosa.

Je continue ma route. Des danseurs de tango font un spectacle. Plus loin, un
petit theatre de marrionette. Plus loin, des jongleurs.

Un vrai regal. La nuit tombe, je rentre a l'hotel. Riche de toutes ces images,
de tous ces gens avec qui j'ai echange quelques paroles, quelques regards.

Je retrouve mes compagnons de l'hotel devant la tele.
On voyage pas pareil, c'est l'impression que j'ai en les voyant.

Je mange un bout de "tarta", et au lit, la tete pleine de reves.

C'etait un dimanche extra.
Je reste au moins ici jusqu'au suivant.
Aujourd'hui, je vais m'acheter un jean, et file au Rio Plata, histoire de
changer un peu de la ville..



05/07/2002 : Une autre semaine à Buenos Aires
Les jours se suivent et ne se ressemblent pas..

Entre restaurants et fiestas, cinema et concerts, j´ai chaque jour ma dose de
culture. Je comprends maintenant pourquoi on dit que Buenos Aires est le Paris
de l´ámerique latine..

En bref et en accelerre, les evenements de la semaine:

Lundi, journee repos. Lecture. Discussions.
Et... Shopping. Je m´offre un Levis 501.. L´autre avec ses trous partout
faisait vraiment trop clodo.. Tout ca en compagnie de l´ami allemand Alex.

Mardi soir, en compagnie de 3 amis de l´hotel, concert de Jazz gratuit au
centre culturel San Martin, avec un sympathique groupe de Cordoba qui se lache
sur le dernier morceau pendant une demi heure ! Ca pete a mort !
Suivi d´un excellent resto accompagne d´un petit vin rouge des familles que je
ne suis pas pret d´oublier..
Retour en taxi avec un chauffeur un peu fou qui nous raconte sa vie politique,
ca fait peur.

Mercredi, grande journee de manifestation: on cherche la manif a partir de deux
heures de l´apres midi, on croise un groupe de 1000 personnes. On se dit
qu´avec la pluie, les gens se sont pas bouges. Il fait froid et on en a marre
de poiroter, on rentre a l´hotel..
Un peu plus tard, je decouvre les photos sur http://argentina.indymedia.org ,
30 000 personnes se sont tout de meme bouges, je suis un peu vert d´avoir loupe
ca.
Pour se consoler, on va au cine, Alex, deux potes colombiens, et moi. John Q,
un film de Cassavettes, sur les delires des hopitaux americains, bien mais tout
de meme un peu trop hollywood a mon gout..

Jeudi, on va trainer avec Alex du cote de Retiro, la vieille gare de Buenos
Aires. On visite la tour des Anglais, ou une expo photo est en cours.
Ensuite, on retourne vers Recoleta, ou je retrouve mon joueur de guitare, au
meme endroit jouant sous la pluie.
On visite au passage, l´atelier de Regazzoni, un artiste sculpteur extravagant.
Un petit tour au cimetiere qui dans le gris du soir tombant prend une nouvelle
dimension.

Puis on s´explose la panse pour 12 francs (¿heu, 2 euros?) dans un de ces
restos-buffet. Accompagne ce coup ci d´un rouge assez mediocre.. A ce prix la..

Avant de rentrer a pied a l´hotel, ou une petite fete a lieu entre bacpackers.
Comme d´hab, la biere coule a flot... C´est mal.

Aujourd´hui, c´est vendredi. Ce soir concert ska-punk avec un groupe style ruda
salska en espagnol.

Demain soir, La Bersuit, style rock argentin dans une salle mythique de Buenos
Aires, Estadios Obras, ou a notemment joue Manu Chao lors de sa derniere visite.

Mais je vous raconte ca un de ces 4..

Chau




08/07/2002 : Week end

Je vous avez laisse vendredi apres midi.

Le soir, on se tape de nouveau un "tenedor libre" en compagnie d'Alex, d'un
irlandais, Murphy et aussi d'un Finlandais Tamani, afin de bien se preparer a
la grosse nuit qui nous attend..

En rentrant suprise, le francais Olivier qui fait un tour du monde et que
j'atendais pour samedi est deja arrivee.
Ni une ni deux, on achete quelques bieres et on file au concert. Les autres ont
trop mange et decide de rester a l'hotel pour l'instant.
Du coup, seul Olivier, malgre sa journee de 40 heures, m'accompagne au concert.

Devant l'entree, on se fait direct branche par un gros punk a crete deja bourre
comme une baleine. On discute 5 minutes et il nous file des entrees gratuites
et nous presente a tous ces copains. On est un peu l'attraction mais c'est
sympa!

Arrive le groupe principal, avec qui on tape direct la discute, 5 minutes plus
tard, on est invite a venir dans leur bus a Cordoba, a 800 km de la vers le
nord, ou a lieu le premier festival de ska argentin le week end prochain.

C'est pour cette raison que je reste ici une semaine de plus, de toute facon,
je n'ai pas encore recu mon minidisc...

Arrive samedi ou un barbecue geant est organise a l'hotel, avec un tournoi de
baby foot.. Ca peut paraitre con, mais avec tous les gens sympas et l'alcool
pas cher et la bouffe d'enfer, on passe une super soiree qui finit en bar vers
4.00 du mat et meme en boite vers 6.00.

Dimanche matin, je vous fais pas de dessin, je dors un peu, avant de repartir
pour un bel apres midi ensoleille du cote de Recoletta, ou on apprecie de
nouveau le guitariste et de nombreux spectacles de rue..

Aujourd'hui lundi, on se la joue calme, avant un concert reggae pour
l'independance ce soir suivie d'une soiree en boite (mais oui..), avec plein de
copains et copines argentins...

Demain, repet de Espias Secretos, power ska punk, apres la manif bien sur..
Ptet que je prendrais la trompette ils m'ont dit...

Je vous raconte ca plus tard.

Chauuuuuuu

Ah, j'oubliais, au programme pour la suite en compagnie d'Olivier :
Cordoba donc, puis Santa Fe ou nous irons retrouver le groupe de ska Butumbaba,
puis les chutes d'Iguazu avec un petit saut au Brasil, ensuite direction Salta
vers le Chili, certainement un tour vers le Nord du Chili, Atacama, avant de
rejoindre le Perou et la Bolivie..


10/07/2002 : Le jour et la nuit

Le vrai et le faux aussi.

Lundi soir, grosse soiree a Pacha, le gros lieu de la vie nocturne de Buenos
Aires..

Electronic Musik and drogues, je pouvais pas louper ca..
On commence a 3.00 du matin la soiree, si t'arrives plus tot, t'es un ringard.
Avant, que font les argentins, certains dorment il parait. Drole de nuit mais
bon..
Ensuite, musique a pleurer d'ennui, c'est vide les boums boums.
L'observation des gens est beaucoup plus interessante.
Ici, on vient pour deux choses, les nanas et la drogue.
Les nanas, personellement, il me semble que c'est le royaume des moches.
La nuit et le maquillage, des habits bien choisis et elles se transforment en
princesse, surtout pour les mecs bourres de substances diverses et varies.
Les drogues, on trouve de tout comme aux teufs en france, le prix a payer,
c'est 20 pesos l'entree et environ 30 pesos pour un cacheton ou un autre.
Quand tu sais que mon amie la receptionniste gagne 12 pesos la journee de 8
heures, tu te dis que c'est pas ce genre de nanas qu'on trouve la bas.
Reserve aux riches en gros..
Vous me direz, mais alors tu fais quoi toi la bas?
Et bien con je danse, car c'est aussi ca l'idee..
Sans drogue, je tiens tout de meme jusqu'a 8.00 du mat', le soleil se leve et
je me rentre. On enchaine a l'hotel au vin rouge et on se fait presque
entrainer pour un saut en parachute, on reserve finalement pour le jeudi.

On enchaine la journee sans dormir (c'est beau d'avoir 22 ans..), et on couvre
a partir de 12.00 la super mega manif du 9 juillet, jour de l'independance..
Ils reclament une nouvelle independance et le depart de tous les dirigeants et
du FMI..
Et cela depuis 6 mois, sans discontinuer tous les jours dans la rue. Mais en
ce jour special, la mobilisation est massive : 80 000 personnes ont envahis la
Plaza de Mayo..
On rejoint l'organisation du quartier a la esquina, et on reste avec eux
jusqu'a la place. J'en apprebds beaucoup sur leurs luttes, leurs desirs, leurs
reves...
Des reves simples, vrais, la demission de tous les dirigeants, de nouvelles
elections, la mise en place d'une justice nouvelle propre sans tous les
corrompus.
Des personnes existent pour diriger ce pays.
En troisieme ligne tout le monde n'est pas sale.
L'exemple de l'entreprise Brunkman, une fabrique de tissu est parlant : les
salaires ne sont plus payes mi novembre. En decembre, les dirigeants
abandonnent l'usine et partent avec l'argent.
En fevrier, l'usine est reprise en main par les ouvriers, majoritairement des
femmes, elle en tire un certain profit qu'elles partagent entre elles.
En avril, les dirigeants veulent toucher de l'argent sur les gains degages.
L'affaire se traite aujourd'hui devant la justice...

Mais revenons a la manif.
Tout se passe dans le calme, meme si l'on sent une grande haine et aggressivite
dans certains propos denonciateurs.
J'en ai les larmes aux yeux, quand la foule joyeuse hurle aux policiers face a
la casa de gobierno.. Des chants revolutionnaires, des idees.
C'est vraiment beau. Tout les gens a qui je parle sont tres sympas. Partage.
Sont vrais.

Le jour et la nuit.
D'habitude je suis plutot nuit, mais aujourd'hui c'est le jour qui a gagne.
A quand la revolution de nuit? J'espere que je serai la en tout cas.

Les photos seront en ligne un de ces 4 si je trouve un moyen.
a+


14/07/2002 : De retour sur les routes...

Ouai, apres 3 semaines a Auckland, 2 a Buenos Aires, et mon colis qui n'arrive
toujours pas, nous decidons avec Olivier de partir sur les routes..

Premiere etape : Iguazu et ses fameuses cascades..

17 heures de bus de nuit et on debarque a Puerto Iguazu.
On descend du bus, se dirige entoure de quelques gamins vers un des hotels du
village qui n'est pas bien grand.
Une europeenne sort d'un resto expres pour nous, et nous recommande un hotel
sympa a 8 pesos, on essaye et effectivement, le cafe et le mate sont gratuits
alors on decide d'y rester..
Une bonne potee de legumes et quelques parties de ping pong, et on file au lit
car demain la journee sera longue.
Lever 7.00 pour arriver a 8.00 a l'entree du Parc National d'Iguazu.
Un petit train nous emmene a la Garganta del Diablo, l'enorme cascade est plus
qu'impresionnante, le soleil est aussi au rendez vous..
On se ballade un peu partout tout au long de cette journee, ou on rencontre des
Pecaris, des singes sauvages, un serpent, un toucan etc..
On file ensuite plus profond dans la jungle, et la a part des camions plein de
touristes, on ne croise persone.

Une super journee donc que l'on termine avec un bon mate(je suis devenu accro..)
Ce matin, je vous ecris avant de filer du cote bresilien ou on visitera un des
plus grands barrages du monde sur le fleuve Parana.
Demain, on fera un tour du cote du Paraguay, que l'on pense traverser en
environ une semaine pour revenir ensuite a Salta, en Argentine..

Mais je vous tiens au courant...


15/07/2002 : Argentine, Brazil, Paraguay

Que de choses a raconter en ces deux derniers jours.
Je ne dispose que peu de temps avant de prendre mon bus alors je vous la fais
rapidos.

Hier matin on traverse sans probleme direction Foz Do Iguacu, Brazil, ou on
trouve un hotel pas cher. Le soleil brille donc on va faire un tour, on attend
un bus, il vient pas. On veut aller visiter le plu grand barrage
hydroelectrique du monde mais c'est ferme le dimanche.
Bon on se decourage pas et fait un tour rapide au zoo ou on voit les panteres
qu'on n'avait pas pu voir aux chutes d'Iguazu..
Ca fait toujours aussi mal au coeur.
On se pose dans la rue mais c'est dimanche et les passants sont rares.
On traine un peu et nous nous rendons vite compte que seuls les eglises sont
bien remplis. Nous assistons donc a une seance collective d'exorcisme.
C'est assez incroyable. Les hommes d'un cote, les femmes de l'autre, un
evangeliste fait un discours fracassant auxquels repondent des alleluy
vigoureux.
On s'enfuit de la non sans recevoir une benediction, limite ils nous tapent la
bise mais on decide de ne pas melanger les torchons et les serviettes.
Ah oui, ici on remarque que ce sont essentiellement des pauvres et des vieux.

Bref, pour se remmettre de nos emotions, on decide d'aller s'exploser la panse
dans un buffet libre. La particularite de celui la, c'est que tu peux manger
autant de pizzas que tu veux. On sort limite a vomir. Quand on pense a la faim
dans le monde, on a un peu honte mais que veux tu...

Ensuite, attire pa la musique, on assiste a un rassemblement peu commun :
des centaines de jeunes autour de voitures aux tunings varies font peter les
watts, coffres ouverts. C'est assez disco, et j'ai un bouquin a finir alors on
retourne vite a l'hotel...

Un nouveau jour, nous prevoyons de filer vers le Paraguay, via Ciudad del Este,
une ville celebre pour abriter des terroristes islamistes, ses nombreuses
mafias et ses attentats divers..
Le but etant de rejoindre si possible dans la journee un parc national ou nous
prevoyons de mieux faire connaissance avec les moustiques locaux.

Bref, un bus et on arrive au pont de la frontiere. Plein de monde.
On distingue de la fumee de l'autre cote.
On discute avec des evangelistes americains qui attendent aussi pour traverser.
Ils sont partout decidement. Ils nous lachent quelques prospectus et nous
souhaitent bonne chance et esperent que nous sommes bien avec Dieu..

Je commence serieusement a en douter car c'est de nouveau la revolte que je
coise : le peuple paraguayen en a assez de son president, et surtout de crever
de faim.
Aujourd'hui, ils bloquent le pont, brulent des boutiques et des pneus. Bref,
c'est pas la joie et nous on est bloque. Les grosses fumees noires sont de plus
en plus intenses. On decide de retourner en Argentine. Une petite pause a Foz
cote bresil ou on tchatche a l'arret de bus une bonne heure avec un guide
bresilien qui parle francais, bien sympa et un peruvien tout aussi agreable.

Re-croisage de frontiere et on debarque au terminal, notre bus est ce soir a
20.00. Une journee ici donc au soleil. On passe par l'ancien hotel ou on avait
oublie le sprite. On est embusque par le poprietaire et deux amies a lui. On
mate les evenements du Paraguay a la tele. C'est ultra violent.

Il est temps d'aller passer un temps au soleil.

On va au bord de la riviere a l'endroit appele les trois frontieres. La nous
rencontrons Cristian, 11 ans, qui nous tape la discute.
On lui pose plein de questions. Il semble honnete et intelligent malgre sa
pauvrete. A retenir de ces discussions et de cet apres midi ensemble dix milles
choses mais une question nous epate : pourquoi vous etes ne touristes?
Il fait des yeux enormes quand nous lui expliquons comment nous voyageons.
Il n'y avait pas pense. Il va a l'ecole mais des fois travail a l'usine.
On lui paye 1 peso de l'heure normalement. Le matin, une camionnette vient le
chercher a 6.00, et le ramene le soir a 23.00. Il a une pause dans la journee
ou il doit faire vite pour manger un bout. Si il n'a pas d'argent, on lui prete
deux pesos. 5 pesos seront retires de son salaire.
Il dit que si il bosse une semaine, on ne lui paye pas toutes ses heures.
Si il bosse cinq jours il touche 20 pesos.

Plutot que de deprimer a son ecoute, on jour au foot avec une bouteille de
fanta, puis on fait un tour au bord de la riviere. Il nous monte son terrain de
jeu, une cascade. Bref on passe du bon temps. On lui paye une glace. Et on lui
file un peu de sous pour s'acheter des nouvelles pompes.

Il est temps pour lui de partir aider un de ses 10 freres et soeurs a vendre
l'artisanat que fait son pere.

Le soleil s'en va de toute facon et on file a internet donner des nouvelles au
monde. Ce soir, un bus nous emmene loin d'ici, la tete pleine de pensees,
pleine de reves aussi.
Comme celui d'un monde ou les enfants aient tous le droit a une enfance belle.

Je vous laisse je vais rater mon bus.



19/07/2002 : Suite Road Trip Argentin

Une nuit de bus > Resistencia
La ville du rien. Un parc ecologique plein de pollution.
Des musees vides.
Un Musee des Sciences Naturelles avec du personnel qui parait empaye.
A l´office du tourisme : grosse suprise de voir deux touristes.

Bref, on dort tout l´apres-midi sur un banc au milieu d´un parc bien sympa cela
dit et surtout sous le soleil...

Bon, seconde nuit de bus et on arrive a Salta.
Une nana nous branche a la sortie du bus.
Elle nous emmene chez elle. Une petite maison de famille ou on reste pour 20
francs la nuit.
On s´ocupe de nous, on est comme des rois.

Une journee a decouvrir Salta et surtout a louer une voiture pour les 5
prochains jours.
Du coup, on se retrouve Jeudi matin avec Olivier mais aussi 3 autres francais
qui restent dans le meme hotel.
On part tot le matin et on file a San Antonio de Los Cobres a la decouverte
d´un des plus beaux paysages de mon tour du monde.
C´est absolument fantastique.
Il n´y a pas de mot.
Les photos vous donneront un apercu mais c´est pas tout de suite.
Demain on reprend la route vers le sud (Cafayate)



24/07/2002 : Ce dimanche, j'ai rencontré Jésus...

Je vous rassure il est gay...

Mais pour connaitre toute l´histoire il vous faudra lire en entier le compte
rendu de cinq jours fantastiques...

Je vous disez donc que nous avions loue avec mon pote Olivier une voiture pour
5 jours. Voila ce que lui en dit :

"5 jours partages entre 1500m et 4200m d'altitude a conduire sur des pistes
vertigineuses a flanc de falaise, vierges, cela va de soi, de toute barriere de
securite, a travers des paysages absolument grandioses, pour atteindre des
villages pittoresques completement isoles au coeur des massifs montagneux et
accessibles uniquement lorsque l'acalmie des fleuves est suffisante pour les
traverser a gue."

C´est vrai.

"Il s'agit incontestablement des plus beaux panoramas qu'il m'ait ete donne de
voir depuis le debut de mon voyage, et pourtant avec le Nepal, l'Indonesie,
l'Australie et la Nouvelle Zelande j'ai deja ete largement gate. Ces montagnes
offrent une immense variete de formations rocheuses aux couleurs chaque fois
differentes. Mis a part les cactus, beaucoup de similitudes avec l'Islande mais
aussi avec d'autres paysages celebres tels que le Colorado, les tsingys a
Madagascar, la Cappadocce, les grandes steppes mongoles, voir aussi la lune."

Je sais pas pour les similitudes mais oui pour moi aussi ces paysages sont
fantastiques apres la chaine de l´Himalaya au Nepal et l´Ile sud de la Nouvelle
Zelande...

"Le long de ces pistes, nous croisons parfois quelques personnages typiques des
Andes argentines: vieux bergers solitaires, fiers gauchos burines, indiennes
ancestrales dopees aux feuilles de coca, petits chicos quemandant de menues
piecettes, mais aussi d'autres rencontres memorables : troupeaux de lamas
laineux, familles entieres entassees dans des epaves roulantes de R12, couples
de condors, musiciens de toutes especes, tricoteuses de chausettes en laine de
lama laineux, des epaves roulantes de 304 peugeot ou s'entassent des familles
entieres, peu de touristes, et ca ce n'est pas pour me deplaire."

A moi non plus.

"Bref, si vous passez par la, n'occultez pas cette region encore meconnue, et
pourtant tellement riche de tresors en tout genre!!!!"

Pas si meconnue je pense mais en tout cas a decouvrir absolument.

Je voulais aussi vous parler des feuilles de coca auquelles je suis accro.
Des filles argentines qui sont a croquer.
Des gens sympas, artistes, musiciens que j´ai rencontres.
De mon plan pour bosser dans l´humanitaire a Quito avec les enfants de rues,
grace aux nomades dont je redonne l´adresse ¨: www.nomadesonline.com

De ce que je vais faire au Perou et en Bolivie ou je pars demain.
Mais un bon resto m´attend, la derniere nuit en Argentine qu´on va passer a
faire la fete aussi.

Je pense a vous tous.
Et bientot quelques photos en ligne sur www.zoulstory.com !!!

Arf j´ai failli oublier Jesus, c´etait un serveur pd dans le petit bled du bout
du monde d´Iruya, un phenomene qui aurait eu un premier role dans tous les
films d´Almodovar.. Un sketch ce type avec qui nous avons passe une excellente
soiree...